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La petite Mawda avait fêté ses deux ans le 14 avril dernier, elle n'aura connu que l'exil

  • Les parents de la petite Mawda veulent une enquête approfondie

  • Mawda: chronique d

 

Elle s’appelait Mawda, elle avait 2 ans. Née en Allemagne de parents kurdes qui fuyaient l’Irak, elle n’aura connu que l’exil. Cela faisait 5 semaines qu’avec son père, sa mère et son grand frère, ils logeaient dans le camp de Grande-Synthe, dans le nord de la France. Dans la nuit de mercredi à jeudi dernier, la petite famille tente à nouveau sa chance. Objectif : la Grande-Bretagne. Elle grimpe dans une camionnette bondée. À 2h du matin, aire de Hulplanche, sur l’autoroute E42, la police fédérale de la route de Daussoulx tente de contrôler le véhicule, mais le conducteur démarre en trombe, en direction de Mons. La course-poursuite va durer des dizaines de minutes et sur 70 kilomètres.


La vitre arrière de la camionnette Peugeot vole en éclats et un tout petit enfant apparaît

La camionnette zigzague, tente de créer des accidents. À un moment, l’abject se produit. La vitre arrière de la camionnette Peugeot vole en éclats et un tout petit enfant apparaît, suspendu dans le vide, c’est Mawda. Il est un peu moins de 3h du matin, le véhicule, encerclé par 15 voitures de police, s’immobilise enfin à hauteur de Nimy, sur le parking du Bois du Gard. Dans la camionnette, il y a 26 adultes et 4 mineurs. Mawda baigne dans son sang. Les policiers puis les secouristes n’arriveront pas à la ranimer.


Que s’est-il passé ?

Dans un premier temps, le parquet évacue très vite la responsabilité des policiers. Il insiste sur la technique de bouclier humain utilisée les passeurs. "C’est peut-être une technique effectivement utilisée par les passeurs pour dissuader les policiers d’intervenir", expliquait jeudi Frédéric Bariseau, substitut du procureur du roi de Tournai.

Mais vendredi matin, les conclusions de l’autopsie tombent : Mawda peut avoir été touchée par une balle. Le parquet convoqué la presse. "La première information qui nous est parvenue, émanait en fait du service d’urgence qui est intervenu sur place. Il avait parlé au début d’un traumatisme crânien, ça n’est que l’autopsie qui a révélé cette intervention d’une arme à feu dans le décès", précisait le substitut vendredi.


Où se trouve la légalité?

Selon les parents de Mawda, qui témoignaient samedi dans la presse flamande, un coup de feu aurait été tiré sur la route, un autre quand ils ont été immobilisés. La Dernière Heure parle quant à elle de 4 éclats de balle, tirée par un policier. 

Mais où se trouve la légalité ? "On peut faire légitiment usage d’arme à feu comme policier, soit il y a une situation de légitime défense, soit quand on a affaire à des personnes armées et qu’on a des raisons de penser qu’elles vont faire usage de leurs armes à feu", explique Marie-Aude Beernaert, professeur de procédure pénale à l’UCL.


La politique s'en mêle

Depuis, la politique s’est mêlée de l’affaire. Ecolo, par exemple, affirme que "la responsabilité politique du gouvernement Michel est clairement engagée". Dès vendredi soir, des dizaines de personnes ont manifesté à Bruxelles et à Mons pour demander la démission du ministre de l'Intérieur et du secrétaire à la migration.

Mawda, elle, ne faisait pas de politique. Elle avait fêté ses deux ans, le 14 avril dernier…

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