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Les experts s'inquiètent de la réouverture des coiffeurs: "On sait comment le virus se nourrit... par des contacts rapprochés"

 
 

Les experts scientifiques du GEMS (Groupe d’experts de stratégie de crise pour le Covid-19) n'approuvent pas la décision prise en comité de concertation de permettre aux coiffeurs de rouvrir le 13 février. Ils estiment que ce type de contact rapprochés restent trop dangereux en matière de propagation du virus.

Le Groupe d’experts de stratégie de crise pour le Covid-19 dit GEMS n'étaient pas pour cette réouverture des coiffeurs le 13 février. Selon eux, lors de la deuxième vague, les coiffeurs étaient 2 à 3 fois plus contaminés que le reste de la population.

Bénédicte Delaere, infectiologue à l’hôpital universitaire de Namur, était présente sur le plateau de "C’est pas tous les jours dimanche" pour expliquer sa position: "A l’heure actuelle, on connaît les chiffres donc on sait ce qui a fonctionné comme mesure. On aurait bien voulu que les chiffres continuent à diminuer tant en termes d’hospitalisation qu’en termes de nouveaux cas. Malheureusement ce n’est pas le cas. On oscille à une ligne plateau qui est loin d’être celle qu’on avait en juin et en juillet."

Selon elle, les salons de coiffure sont des endroits à risque quant à la propagation du Covid. "On sait comment le virus se nourrit: ce sont les contacts… Ce sont les contacts rapprochés, ce sont les contacts prolongés, à l’intérieur. Désolée, ce sont les métiers de contact effectivement."

Pour Bénédicte Delaere, il faut rester prudent sans être alarmiste. "Si on ouvre tout en même temps ou trop de choses en même temps, le virus va circuler. Si on doit tout refermer, c’est pire."

Risque limité grâce aux nouveaux protocoles

Selon David Clarinval, ministre MR des Classes moyennes, des Indépendants, des PME, lui aussi invité sur le plateau, le risque est mesuré grâce à des protocoles renforcés. "Dans le rapport des experts, il y avait une demande de FFP2, d’être testé toutes les semaines, de limiter à 30 minutes les demandes. Nous n’avons pas souhaité suivre cela. Par contre, il y a un masque chirurgical. Il faut aussi qu’il y ait cette aération ou un détecteur de CO2. Ce sont des protocoles plus durs, mais qui sont praticables."

Le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke a lui aussi réagit plus tard dans l'émission: "On écoute les experts, ils jouent leur rôle de façon excellente. En rouvrant le secteur des coiffeurs et des barbiers, on prend un risque. On le sait bien. Les experts nous avertissent. Mais nous avons pesé le besoin social qu'il y a. Beaucoup de gens nous disent qu'il y a un besoin réel, il faut se sentir bien dans sa peau et souvent pouvoir se montrer sous son meilleur jour. C'est aussi un besoin social. Et c'est la raison pour laquelle, de manière très prudente, avec des protocoles très stricts, on prend ce risque de rouvrir. Mais il n'y a pas d'autres assouplissements et toutes les mesures doivent être suivies."

Réouverture générale?

Lorsque Christophe Deborsu évoque le mois de mai comme perspective potentielle de réouverture générale, experts et politiques se montrent très prudents. Cependant, David Clarinval n’exclut pas cette possibilité à une condition: "Je pense que quand les personnes de plus de 70 ans seront majoritairement vaccinés, il n’y aura plus de risque d’encombrer les hôpitaux ce qui était le risque principal."

Néanmoins, il dit attendre le rapport du GEMS le 26 février avec un phasage. "On ne peut pas attendre le mois de mai pour rouvrir certains secteurs."




 

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