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Les supermarchés doivent-ils ouvrir leurs portes le dimanche? "On déstructure la vie des travailleurs"

Les supermarchés doivent-ils ouvrir leurs portes le dimanche?

Lundi, le groupe Mestdagh a annoncé son plan de restructuration. On parle de 450 suppressions d’emploi et d’une nouvelle organisation de travail axée sur plus de flexibilité. Le personnel des magasins intégrés Carrefour Market Groupe Mestdagh, inquiet et mécontent, a décidé de débrayer. En cette fin de semaine, malgré l’inquiétude, les magasins ont rouvert leurs portes.

A quoi vont ressembler les conditions de travail des employés du groupe ? Travailler le dimanche matin va-t-il devenir la norme, pour s’adapter aux nouveaux modes de consommation ?

Sur le plateau de C'est pas tous les jours dimanche, les invités ont donné leur opinion quant à l'ouverture des magasins le dimanche. 

Marina Bozzelli, manager du Mestdagh de Ans et déléguée CNE, s'est dite formellement opposée à cette réforme. "C’est un gros sacrifice pour tous les travailleurs, en terme conciliation vie professionnelle et vie privée", justifie-t-elle.


"Le dimanche est prévu pour se consacrer à sa famille"

Pour Myriam Delmée, vice-présidente du SETCa en charge du secteur commerce; l'ouverture des enseignes le dimanche n'est pas une chose souhaitable. "On en arrive à se dire est-ce que c’est nécessaire mais on répond aux envies des clients. Et ça c’est un problème puisqu’en répondant aux envies des clients, on déstructure la vie des travailleurs", déplore-t-elle.

Une position partagée par Annie Izzo, gérante d'un magasin Lidl et déléguée CNE. "Je suis anti-dimanche. Le dimanche est prévu pour se consacrer à sa famille et certainement pas pour travailler", s'exclame-t-elle. 

A l'inverse, la chroniqueuse Emmanuelle Praet s'est dite favorable à une telle ouverture. "J’ai envie de dire merci aux boulangers, aux chauffeurs de bus de train, merci aux pompes à essences, aux ambulanciers qui travaillent le dimanche et qui ne regardent pas s’ils ont une vie de famille ou pas", indique-t-elle.


"On est plus en 321 mais en 2018 avec internet"

Selon elle, il est urgent, pour les grandes surfaces, de s'adapter à la vie et aux modes de consommation actuels. "On est plus en 321 mais en 2018 avec internet. Quand vous rentrez du travail et que les magasins sont fermés, vous allez sur internet et vous vous faites livrer. Donc il ne faut pas s’étonner que l’on ferme", indique-t-elle.

Avant d'ajouter: "Je ne suis pas sur la base imposition. Mais il y a peut-être des femmes qui seront contentes de travailler et qui auront le loisir d’aller chercher leurs enfants  le lundi, mardi. Ça doit être un choix".


Une diminution du chiffre d'affaires en Belgique 

Selon des informations dévoilées par le journal L'Echo, la consommation et le chiffre d'affaires des magasins en Belgique sont en diminution alors qu'il continue d'augmenter en France.  

Pour Pierre-Alexandre Billiet, rédacteur en chef du magazine Gondola, il est important de prendre en compte tous les enjeux du débat. 

"Pas mal d'études montrent qu'ouvrir le dimanche ne rajoute pas en nombre de clientèle ni en parts de marché. On est un petit pays, on vit proche des frontières. On ne peut pas aller à l’encontre du e-commerce. Il faut donner à la grande distribution des occasions de réagir. La question  : est-ce que cette solution-ci est une solution ou est-ce juste un plan B?", précise le rédacteur en chef. 

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