Les Wallons meurent plus jeunes que les Flamands: ce spécialiste explique pourquoi

Selon l'Institut wallon de l’évaluation, de la prospective et de la statistique, les Wallons meurent plus jeunes que les Flamands. Cette différence Nord-Sud est réelle depuis l’après-guerre. Comment l’expliquer? On parle du diabète, de la consommation d’alcool, du niveau socio-économique mais aussi d’une mauvaise alimentation et d’un mauvais suivi médical. Certains Wallons dans la précarité ont tendance à repousser des soins pour des raisons financières.

Au-delà du “socio-économique”, cette différence s’explique aussi par une approche de santé publique différente entre le nord et le sud du pays. En Flandre, on travaille, par exemple, beaucoup sur la prévention.

Résultat: les Wallons ont une espérance de vie plus réduite que les Flamands. Cette carte illustre très bien la situation, et montre clairement un pays coupé en deux. En rouge et en orange, les zones où le taux de mortalité est plus élevé, en vert les zones où le taux est plus bas.
 

Ce qui construit les différences, ce sont les conditions de vie

Michel Demarteau, directeur en chef de l’Observatoire de la Santé du Hainaut, était l'un des invités de l'émission C'est pas tous les jours dimanche sur RTL-TVI. Il résume les facteurs à l'origine de cette différence Nord-Sud. "La question n'est pas celle du système de soin, car il est pratiquement le même sur toute la Belgique. Les différences se marquent sur la gestion de tout ce qui vient en amont. Les études de l'Organisation mondiale pour la santé montrent que ce qui construit les différences, ce sont les conditions de vie, les revenus", a-t-il indiqué.

"Trop boire, trop fumer?", a alors interrogé Christophe Deborsus, le présentateur. "Pas trop boire ou trop fumer, ça, ça renvoie vers la personne. C'est l'offre alimentaire, la mobilité douce, le tabagisme et la qualité de l'air. Toutes les politiques ont une influence sur la santé. Les écarts de revenus, la viande, la façon de s'alimenter… Tout a un impact sur la qualité de vie", a estimé Michel Demarteau.

Il faut décloisonner, il faut travailler ensemble

D'ailleurs, dans ce débat sur RTL-TVI, les autres intervenants se sont accordés sur un point pour améliorer l'espérance de vie en Wallonie: coordonner toutes les politiques. "Je pense que c'est très important de travailler dès la petite enfance. Ce travail doit se faire même pendant la grossesse. Pour faire en sorte que les inégalités sociales que l'enfant vit alors qu'il n'est même pas encore né, puissent être résorbées et travailler. Ça ne concerne pas que la région wallonne, ça concerna aussi la Fédération Wallonie-Bruxelles et le fédéral, il faut décloisonner, il faut travailler ensemble", a réagi Joëlle Kapompolé, députée wallonne socialiste.

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