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Manger moins de viande d’ici 2050: les alternatives végétales sont-elles vraiment bonnes pour la santé?

 
 

Le Plan Air Climat du gouvernement bruxellois propose de diminuer de 50% sa consommation de viande d’ici 2050, car "la viande n’est pas forcément bonne pour la santé – en tout cas la viande rouge – et elle est mauvaise pour l’environnement", d’après Alain Maron, le ministre bruxellois de la Santé. Des alternatives végétales existent, notamment des "fausses" viandes. Mais sont-elles réellement saines pour notre santé ?

"La viande n’est pas forcément bonne pour la santé – en tout cas la viande rouge – et elle est mauvaise pour l’environnement." Ce sont des propos tenus par Alain Maron, ministre en charge de la Santé à Bruxelles. L’Ecolo souhaite que, d’ici 2050, nous réduisions de 50% notre consommation de viande. Ce projet s’inscrit dans le Plan Air Climat du gouvernement bruxellois.

Ces déclarations n’ont pas mis tout le monde d’accord, notamment sur le plateau de C’est pas tous les jours dimanche, où plusieurs députés bruxellois et wallons se sont exprimés à propos de cette importante ambition. A commencer par Sabine Laruelle, qui souligne qu’en Région Wallonne, "on a perdu 30% de nos bovins en 30 ans." La Belgique fait partie des pays "où on mange le moins de viande", poursuit-elle.

Trouver un équilibre

Ce qui la dérange dans le plan d’Alain Maron ? "On ne tient pas compte du type de production qu’on a, notamment en Région wallonne." Pour elle, la Flandre est bien plus problématique que la Wallonie, avec des productions massives de volailles et de porcs, "donc de la viande blanche", insiste la députée wallonne MR.

"J’aurais vraiment préféré qu’on dise qu’il faut retrouver la saisonnalité", note-t-elle, précisant que nous avons un régime omnivore, avec un secteur "raisonnable, responsable et qui s’inscrit résolument dans la transition."

Pour Sabine Laruelle, il est clair qu’il faut privilégier la production locale, tout en apprenant aux enfants la saisonnalité et comment lutter contre le gaspillage alimentaire. Arguments sur lesquels Marc-Jean Ghyssels l’a rejoint : "Je pense qu’on doit continuer à consommer de la viande mais de meilleure qualité et en moindre quantité." Le député bruxellois PS estime qu’il est encore trop tôt pour fixer des objectifs si éloignés, car "2050, c’est loin." Mais il faut travailler sur l’importation de viande qui, selon lui, pose problème. "Aller chercher de la viande au Brésil, sur laquelle on n’a aucun contrôle."

Les alternatives végétales, bonnes ou mauvaises ?

Les Belges sont d’ailleurs de plus en plus nombreux à faire attention à leur consommation de viande. Et des alternatives végétales sont en train de voir le jour. "Les consommateurs sont conscients qu’on doit faire quelque chose sur l’alimentation si on veut atteindre les objectifs", note Eric Bosly, administrateur-délégué de Cosucra, spécialisé en viande végétale. Pour lui, le végétal est "la seule solution pour pouvoir apporter cette diminution d’impact de CO2."

Son entreprise commercialise des viandes végétales, produites en France et Belgique. Mais ces alternatives sont-elles réellement saines pour notre santé ? Tout dépense de la composition du produit, d’après Damien Pauquet. Il est nutritionniste pour les sportifs de haut niveau et travaille notamment avec le Standard de Liège et l’équipe féminine de cycliste Bingo. "Il faut analyser l’étiquetage et voir les addictifs utilisés, s’il n’y a pas de sucre ajouté, ou des panures, des graisses ajoutés… Si c’est relativement pur, alors c’est une alternative intéressante mais il faut vraiment vérifier la production et la composition des différents ingrédients de celle-ci", pointe-t-il.

Le tout, selon lui, c’est de trouver l’équilibre. Il parle de " flexitarisme", soit faire 50% végétal – 50% animal, voire 80% végétal – 20% animal. "Car la valeur biologique d’un morceau de viande est extrêmement élevée, donc c’est efficace mais ça peut aussi être trop inflammatoire voire acidifiant. Donc, je pense qu’il faut ajuster et varier en légumineuse, seitan, korn, céréale…", détaille Damien Pauquet.

Quoi qu’il en soit, "donnons un maximum d’informations à nos concitoyens, et qu’ils fassent leur choix sans imposition nouvelle", conclut le député bruxellois PS, Marc-Jean Ghyssels.


 

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