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Que se passe-t-il au PTB? Emploi fictif, pressions et menaces: d'anciens élus dénoncent, les députés se défendent

Cette semaine, le PTB a essuyé quelques revers sur le terrain politique. Patricia Van Muylder, ex-attachée parlementaire, a quitté ses fonctions en dénonçant les pratiques du parti. Alain Nicolas, tête de liste PTB au Luxembourg, lui, dénonce les mensonges de son ancien parti : selon lui, le PTB n'a jamais voulu accéder au pouvoir.

Que veut vraiment le PTB ? C'est la question que se posaient Christophe Deborsu et ses invités dans "C'est pas tous les jours dimanche". Le parti d'extrême gauche fait face à de lourdes accusations de la part d'anciens membres. Aujourd'hui, le parti se défend, et dément toute pratique malhonnête.


Patricia Van Muylder: emploi fictif, méthodes malhonnêtes et représailles ?

Patricia Van Muylder est entrée au PTB en 2017. Elle occupe le poste de secrétaire du parti à Namur, et devient conseillère parlementaire sans même en être prévenue, selon elle. Aujourd'hui, elle quitte le parti, non sans dénoncer quelques pratiques qu'elle juge inadmissibles : heures de travail impayées, contrôle absolu de ses propos sur les réseaux sociaux et peur de représailles. Ce n'est pas la première fois que des élus claquent la porte du PTB : des conseillers communaux de Bruxelles-Ville, eux aussi, dénonçaient certaines pratiques du PTB il y a quelques mois. 

Selon Patricia Van Muylder, ses fonctions en tant que conseillère parlementaires étaient floues. Elle a rencontré Frédéric Gillot pour la première fois lors d'une manifestation, donc complètement par hasard, alors qu'elle travaillait pour lui. La secrétaire s'occupait de travaux administratifs, qu'elle juge bien éloignés de sa fonction de conseillère parlementaire. "Je m'occupais parfois d'organiser des soirées, et même de nettoyer le local", raconte-t-elle sur le plateau.

Une pratique qui, selon Alice Dive, journaliste politique, ressemble à de l'emploi fictif, "dès lors que madame exerçait un travail pour lequel elle était rémunérée, mais qui n'entrait pas dans ses fonctions". Au départ, Patricia Van Muylder ne se sais pas s'il s'agit de pratiques à dénoncer : "J'en ai discuté avec des personnes d'autres partis, et ils m'ont dit que ça se faisait chez eux, donc je pensais que c'était tout à fait légal."

Pour Germain Mugemangango, député wallon PTB, la réponse est claire. "Chez nous, il est totalement clair qu'on mutualise les forces qu'on a. Au niveau wallon, il y a une dotation moins importante qu'au fédéral, donc on mutualise les personnes qui travaillent pour nous. Le travail de ces personnes sert à fournir du matériel à Frédéric Gillot, pour s'exprimer au parlement. Et ce qui se passe au parlement, il faut pouvoir le communiquer à d'autres, et c'était le travail de madame."


"On m'a demandé de donner mon avertissement-extrait de rôle"

Selon Patricia Van Muylder, le parti a réclamé des preuves de revenus. Elle dénonce les pression de certaines personnes du parti pour soutirer de l'argent aux militants. "Je n'étais pas militante, et on m'a poussée pour que je devienne militante. On m'a dit que la cotisation était en fonction de mes revenus. On m'a demandé de donner mon avertissement extrait de rôle, pour calculer le montant que je devais payer au parti."

Ce à quoi Annouck Vandevoorde, députée wallonne PTB répond sans hésitation : "C'est faux. On n'a jamais demandé d'avertissement-extrait de rôle. Au PTB, et ce n'est pas un secret, on veut s'assurer que nos élus s'engagent à continuer à vivre avec un salaire de travailleur, c'est notre base."

Selon Mugemangango, les cotisations s'élèvent à cinq euros par mois, pour les militants.


Alain Nicolas: "On nous a signifié que quel que soit le résultat, le PTB ne monterait pas au gouvernement."

La saga continue, puisqu'Alain Nicolas, qui lui aussi a quitté le parti, assure que le PTB avait signifié qu'il ne prendrait pas le pouvoir, quel que soit le résultat des élections. "On a fait différents groupes de travail, et lors de ces groupes de travail, le PTB m'a assuré que quelque soit le résultat, on ne monterait pas au gouvernement. J'étais extrêmement déçu et démotivé par cette nouvelle. Le PTB, lui, veut la révolution, il ne veut pas partager le pouvoir."

Pour Germain Mugemangango, les débats et discussions sont au centre des préoccupations du parti. "Cette réunion, c'était une consultation des autres membres. On fait ce type de consultations dans chaque ville, le but est d'exposer chacun son point de vue."

Le point de vue du parti, lui, est clair, selon Mugemangango : "Cela fait plusieurs années qu'on dit qu'on veut aller au pouvoir, comme tous les partis, mais avec des conditions. C'est clair que ce carcan d'austérité imposé par l'Europe, par exemple, on ne l'accepte pas. On ne peut pas travailler avec des partis qui cautionnent ça."

Selon le député, le PTB accueille beaucoup de membres qui viennent d'autres partis, et ne comprennent pas toujours comment fonctionne le PTB, parti marxiste. "Je pense que vous vous êtes trompé de partis, tous les deux", conclut le député. "Vous seriez peut-être mieux dans un parti comme le PS".

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