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Stéphanie était plutôt anti-IVG jusqu’à ce qu’elle avorte: voici son histoire

  • Avortement: le débat toujours ouvert

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Parfois, même si on n'a jamais été éthiquement en faveur de l'avortement, le risque encouru par le futur bébé de naître avec des malformations est trop important.

Le débat sur l’avortement est revenu cette semaine sur la table avec ce scandale : un professeur à l’UCL argumentait dans son cours pour assimiler l’avortement à un meurtre. Ce professeur a bien entendu été suspendu par sa hiérarchie, pourtant catholique. Mais cela a amené à une nouvelle manifestation qui a lieu ce dimanche dans Bruxelles, une manifestation « pour la vie ».

Sur le plateau de « C’est pas tous les jours dimanche », Stéphanie, une maman de trois enfants habitant le Brabant wallon, a expliqué pourquoi elle a décidé d’avorter récemment, alors qu’elle avait toujours été plutôt contre.


Trop de risques pour le bébé et la peur de devoir assumer un enfant malade

Ça s’est passé il y a 3 mois et elle a pris la décision seule, sans pression, pour raisons médicales. Stéphanie souffre en effet d’un diabète complexe et s’est renseignée quand elle a appris qu’elle était à nouveau enceinte. "Si on souhaite une grossesse, il faut très bien gérer sa glycémie 3 à 6 mois avant. Sinon, avec un diabète mal géré, il y a beaucoup de risques de complication. Comme je ne prévoyais pas d’avoir un enfant, je ne gérais pas très bien mon diabète qui est très compliqué", a-t-elle expliqué. Son bébé aurait pour souffrir de graves séquelles. "J’avais tellement peur. Je ne me sentais pas capable d’assumer un enfant qui aurait eu des problèmes de santé. Et quelle vie aurais-je pu lui donner ?", se demandait-elle.


"Agressée" par ceux qui la traitent de meurtrière

Voilà pourquoi elle a décidé d’avorter. Pourtant, "l’avortement n’a jamais été une évidence pour moi. Mais quand on n’est pas dans la situation, il est difficile de se mettre à la place des personnes qui ont dû effectuer un choix."

Aujourd’hui, elle est heureuse que la loi belge l’y ait autorisée. Et quand elle entend les anti-avortement comme le professeur Mercier la qualifier de meurtrière, elle le vit très mal. "Je me sens agressée qu’on puisse comparer un avortement à un meurtre. Dans certains cas, c’est tout à fait légitime."


Les anti-avortement oublient tout le suivi médical qui entoure cet acte

D’autant que les médecins qu’une personne qui veut avorter rencontre s’assurent que cette décision a été mûrement réfléchie. "Ce qu’on ne s’imagine pas, c’est qu’il y a un suivi autour de cet avortement. On est vu par un(e) psychologue. On essaie de nous pousser dans nos retranchements pour être sûr de cette décision."

Alors quand Emmanuelle Praet entend une des organisatrices de la marche « pour la vie », Anne-Chantal André-Dumont, se demander "pourquoi l’avortement est remboursé" alors qu’une femme qui décide de garder l’enfant n’est pas spécifiquement aidée financièrement, ça fait bondir notre chroniqueuse Emmanuelle Praet. "Il ne faudrait plus rembourser l’avortement ? Mais je rêve quand j’entends ça ! Vous imaginez le nombre d’avortements qui vont se faire de manière illégale ?"

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