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Supprimer l'e-commerce? "Les entreprises étrangères doivent être soumises aux mêmes règles que les belges"

 
 

Cette semaine, Paul Magnette a déclaré qu’il désirait “une Belgique sans e-commerce”. Selon le président du PS, “le commerce en ligne est une concurrence terrible pour notre commerce local”. Pourtant, 8 Belges sur 10 ont déjà effectué des achats sur internet. Le secteur du e-commerce fait même travailler entre 11 000 et 15 000 personnes dans notre pays. Si certains défendent Paul Magnette, expliquant qu’il soulève une question essentielle, d’autres le jugent sur sa formule excessive. 

S'il a depuis tenu à modérer son discours en affirmant qu'il ne "souhaitait pas supprimer l'e-commerce en Belgique" et cette déclaration était plutôt de l'ordre de la provocation, cette déclaration a tout de même agité la politique belge. En effet, 80% des Belges ont déjà commandé sur des sites en ligne et ce type de commerce génère 11 à 12 milliards d'euros en Belgique. 

A Charleroi, les personnes interrogées par les équipes de C'est pas tout les jours dimanche se montrent partagées. "Dans l'idéal, oui, il faudrait le supprimer, cela ferait profiter les petits commerces", explique une dame. "Non, ça m'arrange parfois de commander chez moi, et il y a plus de promotions sur internet qu'en magasin", déclare une autre personne.

Invité sur le plateau de Christophe Deborsu, Pierre-Yves Dermagne (PS), ministre de l'Economie en Wallonie a tenu à nuancer les propos de son président de parti. "Il a pu préciser ses propos et le remettre dans un contexte. Cela dit, il a effectivement voulu jeter un pavé dans la mare et lancer un débat à ce propos et surtout pointer des difficultés que l'on peut rencontrer avec l'e-commerce, notamment en matière sociale et environnementale".

Selon lui, le développement vertueux de l'e-commerce est une priorité. "A la fois de manière sociale et environnementale et qui agit en complément a un tissu économique qui est bien présent en Belgique".

Egalement sur le plateau de C'est pas tout les jours dimanche, Dominique Michel, administrateur-délégué de Comeos, embraye sur les déclarations de Pierre-Yves Dermagne. "On veut un e-commerce sociale et environnementale, et pour le moment nous n'en avons pas en Belgique car il vient de l'étranger et essentiellement Amazon, en Wallonie". Pour lui, la possibilité de concurrencer l'étranger est primordial. Il est donc nécessaire d'effectuer plus de contrôles sur ces entreprises étrangères qui souvent ne respectent pas toutes les règles. "Il faut faire en sorte que les entreprises étrangères soient soumises aux mêmes règles que les belges. Ils ont pour l'instant un cadre plus favorable que nous".

Il donne notamment l'exemple concret de l'entreprise Hello Fresh, basée aux Pays-Bas. "Durant la crise Covid, la commande de repas a été triplée. Et le principal fournisseur de cette demande est Hello Fresh, qui récupère toute sa marchandise aux Pays-Bas, que ce soit les oeufs, le poulet ou autre. Est-ce que c'est le message qu'on veut envoyer à nos agriculteurs belges ?"


 

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