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Trafic de visas humanitaires: Theo Francken a été prévenu à deux reprises, pourquoi n’a-t-il pas appelé la police?

Melikan Kucam, un conseiller communal N-VA de Malines, est en prison. Il aurait demandé jusqu’à 14 000 euros à des candidats réfugiés chrétiens pour leur procurer un visa humanitaire. On parle de 208 visas humanitaires délivrés dans ces conditions. Fin 2018, l’ancien Secrétaire d’Etat Theo Francken avait été mis au courant de la combine du conseiller communal N-VA mais il n’aurait pas rapporté les soupçons à la police.

Le député N-VA Theo Francken, ancien secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration, était en direct depuis Lubbeek, sa commune, pour répondre aux questions de Christophe Deborsu dans l’émission C’est pas tous les jours dimanche.


Pourquoi avoir choisi cette personne pour faire des listes de chrétiens qui ont droit à des visas humanitaires ?

A ce moment-là, il n’y avait pas d’ONG actives sur le terrain parce que c’était trop dangereux. Alors, c’était la seule solution, la seule possibilité. Mais c’est vrai que c’était un membre de la N-VA, je ne vais pas nier cela. Mais je n’ai pas fait de choix en fonction de l’obédience politique, il était le représentant de l’église à Malines.

Est-ce que vous ou l’un des membres de votre cabinet avez touché de l’argent pour faire venir des réfugiés syriens ?

Je peux seulement dire que je n’ai pas touché d’argent pour donner des visas humanitaires. Dans mon cabinet, je ne pense pas non plus mais il y a une enquête de parquet. Je défends mes collaborateurs à 100 %. Oui, je connais Kucam, c’est clair, mais je pensais qu’il était de bonne foi, je n’avais pas d’indication qu’il était de mauvaise foi. Il était très apprécié à Malines dans l’église, il est passé du CD&V à la N-VA. Est-ce que j’ai été naïf ? Je me le suis demandé toute la semaine. Via son avocat, il nie donc on verra ce que va décider la justice.

En octobre et en décembre, vous avez été mis au courant des soupçons de fraude mais vous n’avez pas signalé le problème à la justice, alors que la législation prévoit cette obligation pour les autorités ?

Je n’ai jamais eu de preuves, c’étaient des rumeurs. La première fois, en octobre je n’y ai pas du tout cru. J’ai dit : allez à la police. En décembre, c’était aussi des rumeurs, des soupçons et ma réponse a été la même. Finalement, ils ont été voir la police et donc je n’avais plus à le faire. Je n’ai absolument pas essayé de le protéger. S’il est déclaré coupable, j’espère qu’il sera puni très sévèrement. Et je me suis d’ailleurs porté partie civile.

A Alost, une autre personne a fait des listes, un autre membre de la N-VA, ça commence à ressembler beaucoup à un système N-VA… C’est comme si chaque fois un copain vous donnait les listes, c’est quand même bizarre ?

Ce n’est pas vrai, l’appartenance à mon parti n’était pas un critère. D’ailleurs, je ne connais pas tous les membres de mon parti. On a choisi des personnes de contact, représentantes de leur église. Je soutiens à 100 % ce qu’on a fait, sauver des chrétiens des terroristes. Mais les personnes qui ont abusé de ma confiance doivent être punies, c’est choquant.

S’occuper en priorité des gens qui partagent votre foi, ce n’est pas une forme de clientélisme ?

On a aussi donné l’asile à des dizaines de milliers de musulmans, cela n’a pas de sens de dire ça.

Vous n’avez pas peur que cette histoire vous fasse de l’ombre pour les élections du 26 mai prochain ?

On va voir, mais je suis honnête et je vais défendre à 100% mon programme.

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