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"Gloria Mundi", la charge de Robert Guédiguian contre l'ultralibéralisme

Le cinéaste Robert Guédiguian (c), l'actrice Ariane Ascaride et l'acteur Gérard Meylan, le 7 septembre 2019 au Festival du film de VeniseAlberto PIZZOLI

Avec "Gloria Mundi", en salles mercredi, l'histoire d'une famille modeste qui peine à s'en sortir, le cinéaste militant Robert Guédiguian exprime sa "colère" contre l'ultralibéralisme et l'"individualisme forcené" de la société d'aujourd'hui.

Tournant à Marseille avec sa troupe d'acteurs habituelle, d'Ariane Ascaride à Jean-Pierre Darroussin en passant par Gérard Meylan et Anaïs Demoustier, le cinéaste de 65 ans se penche dans ce film - qui a valu à Ariane Ascaride le prix d'interprétation à la dernière Mostra de Venise -, sur le sort d'un homme qui sort de prison et de sa famille.

Daniel (Gérard Meylan) retourne à Marseille, où il retrouve son ex-épouse Sylvie (Ariane Ascaride), femme de ménage sur des bateaux, mère courage qui veut à tout prix aider sa famille et refuse de faire la grève, et leur fille Mathilda (Anaïs Demoustier), vendeuse, qui vient de mettre au monde un bébé, Gloria.

Mathilda et son mari (Robinson Stévenin), qui vient de se lancer comme chauffeur Uber, survivent tant bien que mal. Face à eux, la demi-soeur de Mathilda (Lola Naymark), que sa mère a eu avec son nouveau compagnon (Jean-Pierre Darroussin), s'en sort un peu mieux en tenant un magasin de revente d'objets d'occasion.

Alors que cette famille tente par tous les moyens de joindre les deux bouts, une agression fait basculer leur univers.

Cette histoire, dans laquelle chacun tente de tenir le cap, est née d'"une espèce de colère contre le monde dans lequel on vit, contre cet individualisme forcené et cette idée que les seuls rapports qui existent entre les gens sont des rapports d'intérêt, d'argent", avait expliqué Robert Guédiguian à l'AFP à Venise début septembre.

"Je voulais faire une sorte de constat de l'état de guerre dans lequel on est, de tous contre tous", poursuivait le cinéaste, emboîtant le pas à au Britannique Ken Loach, qui décrivait dans son dernier film "Sorry We Missed You" les dérives de l'ubérisation de la société.

Pour le réalisateur engagé, qui a adhéré au Parti communiste dans les années 60-70 et soutenu Jean-Luc Mélenchon ces dernières années, "l'ensemble des préoccupations individuelles a pris le pas sur les préoccupations collectives, il n'y a plus de projet d'émancipation, de projet général".

Cette colère "m'a donné à penser que les gens qui étaient les plus démunis tenaient le discours de leurs exploiteurs, que les esclaves tenaient le discours des maîtres, donc que la bataille était un peu perdue", ajoutait le réalisateur de "Marius et Jeannette".

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