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"Guy": le tendre hommage d'Alex Lutz aux anciennes gloires de la chanson

Alex Lutz présente la cérémonie des Molières aux Folies Bergères à Paris, le 23 mai 2016PATRICK KOVARIK

Avec "Guy", son deuxième long métrage devant et derrière la caméra, en salles mercredi, l'humoriste Alex Lutz signe un hommage touchant en totale nostalgie aux anciennes gloires de la chanson réputées "has been", tout en abordant avec lucidité le temps qui passe.

Présenté en mai à Cannes en clôture de la Semaine de la critique, section parallèle du Festival, "Guy" met en scène un jeune journaliste, Gauthier (Tom Dingler), et Guy Jamet (Alex Lutz), artiste de variété ayant eu son heure de gloire.

Selon sa mère, Gauthier serait le fils illégitime du chanteur qui, au même moment, tente de revenir dans la lumière avec un double "best of". Le jeune homme décide de contacter l'artiste sans lui révéler cette filiation et lui propose un documentaire : pendant plusieurs semaines, il va le suivre caméra au poing dans sa vie quotidienne et pendant ses concerts en province.

"Mon film est une ode à la vie, avec une facture particulière. Je suis très touché et ému de présenter +Guy+ à Cannes", avait confié à Cannes avant la projection Alex Lutz, comédien et humoriste popularisé par ses one man shows et le duo "Catherine et Liliane" (Canal Plus).

En 2015, son premier long métrage, "Le Talent de mes amis", évoquait une amitié mise à mal par un coach en développement personnel.

Avec "Guy", le comédien et réalisateur de 40 ans, qui a dû se soumettre à quatre heures de maquillage par jour pour ce rôle, livre une performance en incarnant cette gloire passée de la chanson qui a deux fois son âge.

Le poids des ans et les heures de gloire qui ne reviendront pas ont rendu aigri cet artiste de fiction que le spectateur a pourtant l'impression de connaître, tant Alex Lutz a mélangé les caractéristiques de plusieurs vrais chanteurs des années 60 et 70.

"Dans +Guy+, il y a du Herbert Léonard, du Guy Marchand, du Michel Delpech, du Julien Clerc pour certains côtés, et même du Frank Michael… Je crois que chaque spectateur fera sa cuisine, y retrouvera quelque chose d'un ou des chanteurs qu'il aime, qui pour un slow, qui pour l'artiste favori de sa mère", dit Alex Lutz.

Réalisé avec une grande sensibilité, le film qui souffre toutefois de quelques longueurs, rend hommage à la chanson populaire, rappelant que ces anciennes idoles ont toujours un public fidèle, enchaînant souvent des dizaines de galas chaque année à guichets fermés, à l'instar de la tournée à succès Age tendre et tête de bois.

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