"Guys and Dolls", un hit de Broadway à Paris avec un clin d'oeil féministe

C'est une des comédies musicales cultes de Broadway: "Guys and Dolls", pour la première fois à l'affiche en France, est reprise dans une version dans l'air du temps avec des rôles féminins plus affirmés.

Créée en 1950 à New York, couronnée de cinq Tony Awards, "Guys and Dolls" ("Blanches colombes et vilains messieurs" en français) a été jouée plus de 1.200 fois et a inspiré un film avec notamment Marlon Brando, Frank Sinatra qui immortalisera la chanson "Luck be a Lady".

Ce véritable "hit" de l'âge d'or de Broadway s'inspire d'une nouvelle de l'écrivain Damon Runyon, mise en chansons et paroles par Frank Loesser, l'un des grands maîtres de la scène new-yorkaise.

D'un côté, des petits truands, de l'autre, les âmes pures de l'Armée du salut. Un soir, un patron de tripot défie un joueur de craps de séduire l'une des missionnaires qui tentent de ramener les brebis égarées dans le droit chemin. Bien entendu, l'amour finira par réunir les contraires pour de bon.

Près de 70 ans après la création, c'est une "Guys and Dolls" très 2019 qui est présentée au théâtre Marigny: les "blanches colombes" sont nettement plus sûres d'elles, avec des caractères bien trempés en comparaison avec le livret original où les personnages masculins ont le leadership.

"S'assumant sans complexe désormais", les deux héroïnes s'affirment progressivement comme des "dominantes", affirme à l'AFP Jean-Luc Choplin, directeur de Marigny.

- "Féminisme sous-jacent" -

"Nous revendiquons un féminisme sous-jacent. A la création, le vaudeville traditionnel machiste l'avait emporté", a-t-il souligné.

Selon M. Choplin, ex-directeur du Châtelet et artisan du retour en force de la comédie musicale dans la capitale, "+Guys and Dolls+ est un grand classique qui méritait d'être présenté à Paris, au carrefour idéal d'une vraie culture sophistiquée et populaire".

"Chef-d'oeuvre intemporel et universel, +Guys and Dolls+ est la comédie musicale parfaite qui fait partie de l'inspiration de Broadway", a ajouté le directeur qui mise sur des oeuvres cultes, à la fois exigeantes et populaires.

Respectant le charme "vintage" de "Guys and Dolls" pour les décors et les costumes, Jean-Luc Choplin et le metteur en scène et chorégraphe Stephen Mear (qui a signé "Sing'in the rain" et "42nd Street" au Châtelet, après "Hello Dolly" et "Mary Poppins" à Londres), ont composé spécialement à Paris une troupe d'une vingtaine d'artistes britanniques, avec Ria Jones, Clare Halse, Matthew Goodgame et Christopher Howell dans les principaux rôles.

Jouée en anglais avec sous-titres, "Guys and Dolls" transporte les spectateurs en plein coeur des années trente. D'efficaces et innovants décors jouent la carte de l'abstraction avec une multitude de cadres lumineux aux couleurs changeantes, symbolisant les gratte-ciels et l'ambiance pétillante de New York.

Tout ce petit monde se retrouve aussi par enchantement dans les égouts de la ville ou à La Havane pour plusieurs tableaux très réussis mobilisant une troupe au cordeau accompagnée par un orchestre en fosse de 25 musiciens sous la direction de James McKeon.

"Il était indispensable de jouer en anglais pour présenter à Paris l'extrême qualité du mariage de la musique et des paroles. Dès qu'on est dans la traduction, les oeuvres deviennent de pâles photocopies", estime Jean-Luc Choplin.

Vos commentaires