"Je ne lâcherai rien": quand un luthier prend sa revanche sur la vie

David Zammitti, luthier travaille dans son atelier le 5 décembre 2018 à CalmontERIC CABANIS
Profession, Maladie

"Dès 13 ans j'ai su que je voulais en faire mon métier mais la vie en a décidé autrement pour moi pendant longtemps", confie David Zammitti, un luthier de 36 ans qui commence tout juste à réaliser son rêve d'enfant.

À partir de sa majorité et pendant plus de dix ans, le jeune homme originaire d'Antibes (Alpes-Maritimes) va enchaîner les petits boulots, "pour survivre", tout en essayant de percer en tant que musicien professionnel. En vain.

Cette période de sa vie est également marquée par un diagnostic médical lourd: une sclérose en plaques découverte à 23 ans, qui deviendra alternativement sa "meilleure amie et (sa) meilleure ennemie".

David aurait pu sombrer à plusieurs reprises, mais paradoxalement, il dit avoir appris "à relativiser beaucoup de choses" avec sa maladie.

Un déclic se produit il y a deux ans, à Calmont, une petite ville de la Haute-Garonne où il vit avec sa compagne. "Dans le jardin, il y avait une grange-garage. J'ai acheté deux petits outils et je me suis lancé corps et âme dans la construction de ma première guitare électrique", se souvient-il.

Après 60 heures de travail acharné, David donne naissance à un instrument complet. Il va le montrer à un luthier professionnel qui l'encourage à continuer.

Alors pendant un an et demi, grâce à ses économies mais aussi à une aide 5.000 euros de la BGE (un réseau associatif national d'aide à la création d'entreprises), il va aménager le garage, acheter quelques machines et mettre au point sa technique de luthier en autodidacte.

Il ouvre officiellement son atelier en avril 2018, lance son site web (www.dazguitareluthier.com) et créé des comptes professionnels sur les réseaux sociaux pour se faire connaître.

"Depuis octobre, les commandes de guitares électriques affluent, je suis débordé", dit-il, fier du chemin parcouru.

Aujourd'hui, il en est certain: "Si je n'avais pas eu cette maladie, je n'aurais pas fait un tiers de ce que j'ai accompli jusqu'à maintenant".

Et d'ajouter: "une chose est sûre, je ne lâcherai rien, je ne fermerai jamais cet atelier dans lequel j'ai mis une énergie folle", assure le luthier qui souhaite transmettre à son enfant, dont la naissance est attendue en février, "la beauté des métiers artisanaux manuels".

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