En ce moment
 

"La Prière" exaucée d'Anthony Bajon, acteur sacré à Berlin

Anthony Bajon le 15 mars 2018 à ParisSTEPHANE DE SAKUTIN

A 23 ans, Anthony Bajon a raflé la plus haute récompense pour un comédien au festival de Berlin pour son rôle dans "La Prière". Un prix qui servira dans "les moments de doute", estime cet acteur jusqu'alors inconnu, mélange de candeur et d'intensité.

"Le grand rôle est arrivé vite et le prix est arrivé vite aussi", déclare-t-il en ayant encore "du mal à réaliser". D'autant plus qu'en recevant l'Ours d'argent à Berlin, il prend la suite d'acteurs français aussi célèbres que Jean Gabin, Jean-Pierre Léaud ou Jean-Louis Trintignant.

Cette récompense doit d'abord "mettre en avant" le film, explique-t-il à l'AFP avant sa sortie mercredi. Ensuite, il me "servira dans les moments de doute, quand ça sera plus compliqué pour moi artistiquement. Je me dirai +j'ai eu un prix, c'est la preuve que je dois me faire plus confiance+".

Avant "la Prière" où il est de tous les plans, Anthony Bajon a fait quelques apparitions dans "Les Ogres" de Léa Fehner en 2015 ou plus récemment dans "Maryline" de Guillaume Gallienne, "Rodin" de Jacques Doillon, aux côtés de Vincent Lindon, et "Nos années folles" d'André Téchiné.

S'il a approché son premier plateau en décembre 2013, l'envie de faire du cinéma date de bien avant. Issu d'un milieu ouvrier, très éloigné du monde du cinéma, le jeune homme a grandi en région parisienne et décide de sa vocation en regardant les séries et les films diffusés sur Disney Channel.

"Ça me faisait rire, pleurer, je me suis dit moi aussi je veux faire passer des émotions", explique-t-il sans s’embarrasser de référence.

Une brève expérience dans un cours de théâtre puis l'aventure des castings décide de la suite.

- Jeu physique -

Si ses goûts de spectateur le portent plutôt vers la comédie, il rêve à l'écran de cinéastes comme Jacques Audiard et Maïwenn et souhaite incarner "des personnages qui font réfléchir".

Un peu comme celui de Thomas dans "La Prière", qui passe de l'expérience de la drogue à celle de la foi en rejoignant une communauté isolée en montagne.

Un rôle difficile "psychologiquement et physiquement". "J'ai du mal à m'en remettre. Il y aura un avant et un après dans ma vie, pas seulement dans ma carrière", dit-il.

Il a passé le casting au même titre que les autres acteurs et a finalement été retenu pour le rôle principal. Le plus difficile fut de se glisser dans la peau d'un toxicomane ("je savais qu'il fallait être au plus près de la réalité"). Les réactions des premiers spectateurs l'ont rassuré.

Pour se préparer au tournage, il s'est entraîné comme un sportif en allant tous les jours à la salle de sport, confirmant la dimension très physique de son jeu.

Conscient de faire plus jeune que son âge avec son visage poupin, Anthony ne s'en plaint pas, sauf "pour les filles", et pense avoir "tout le temps pour jouer des adultes plus tard".

Il est en discussion pour un nouveau premier rôle mais n'en dit pas plus et participe à des séries pour Arte, dont une sous la direction de Jean-Xavier de Lestrade ("Un coupable idéal").

Vos commentaires