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"Les hirondelles de Kaboul": du livre au film d'animation

L'équipe du film "Les hirondelles de Kaboul" et l'autreur du roman: (de G à D) Hiam Abbass, Yasmina Khadra, Elea Gobbe-Mevellec, Zita Hanrot, Zabou Breitman et Simon Abkarian, à Cannes le 16 mai 2019Alberto PIZZOLI

Évoquer l'Afghanistan des talibans en faisant le choix de l'animation, tel est le pari des "Hirondelles de Kaboul", en salles mercredi, adaptation délicate du roman à succès de Yasmina Khadra, revisitée d'un trait de crayon épuré.

A l'origine de ce projet, la comédienne et réalisatrice Zabou Breitman qui a fait appel à l'animatrice Eléa Gobbe-Mévellec, avec qui elle a coréalisé ce projet.

"Je trouvais que parfois, dans l'animation, le jeu n'était pas toujours top", expliquait Zabou Breitman à Cannes, où le film a été présenté (dans la section Un certain regard). Il a depuis remporté le Valois de Diamant au festival d'Angoulême.

Pour donner de la vie à cette poignante histoire d'amour sur fond d'intégrisme, elle a fait appel aux acteurs Simon Abkarian, Hiam Abbas, Zita Hanrot et Swann Arlaud, qui ont non seulement prêté leur voix, mais ont aussi été filmés en train de jouer.

"C’était plus qu’un enregistrement : les acteurs étaient habillés, on avait les tchadris, les turbans, et même les kalachnikovs", souligne Zabou dans les notes d'intention du film. C'est à partir de ces scènes qu'ont été dessinés les personnages.

A l'écran, le spectateur reconnaît sans peine le personnage joué par Simon Abkarian (Atiq) ou celui incarné par Zita Hanrot (Zunaira), meilleur espoir féminin en 2016 pour "Fatima" et actuellement à l'affiche de "La vie scolaire".

Ce souci d'être au plus près des personnages s'insère parfaitement dans le récit.

"Les hirondelles de Kaboul" raconte l'histoire de Mohsen et Zunaira, un jeune couple amoureux, artiste et épris de liberté qui peine à s'adapter à la vie sous le régime des talibans. Leur destin va croiser celui d'Atiq, un ancien moudjahidin devenu chef d’une prison pour femmes, qui veille, à l'abri des regards, sur son épouse malade, Mussarat.

Le trait épuré et la palette désaturée d'Eléa Gobbe-Mévellec (qui avait travaillé auparavant sur le film "Ernest et Célestine") confèrent une grande douceur à une histoire dure, comportant des scènes de lapidation, d'emprisonnement et de violence.

Si le film prend des libertés par rapport au roman original (l'action se déroule notamment en 1998 et non plus en 2001), il a reçu le soutien de l'écrivain Yasmina Khadra qui a accompagné les différentes projections du film à Cannes.

Paru en 2002, "Les Hirondelles de Kaboul" s'est vendu en France à plus de 600.000 exemplaires toutes éditions confondues.

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