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"Persona non grata": Roschdy Zem signe un polar sombre après "Chocolat"

Roschdy Zem le 27 juin 2019 à ParisSTEPHANE DE SAKUTIN

Avec "Persona non grata", en salles mercredi, l'acteur Roschdy Zem signe son cinquième film en tant que réalisateur, un polar sombre dans l'univers du BTP, dans lequel il joue aux côtés de Nicolas Duvauchelle et Raphaël Personnaz.

Pour ce film, Roschdy Zem ("Mauvaise foi", "Bodybuilder"...) change complètement de registre après son précédent long métrage, "Chocolat" (2016), fresque en costumes avec Omar Sy sur le destin oublié du clown Chocolat, premier artiste noir de la scène française.

Contemporain, "Persona non grata" s'intéresse cette fois à l'histoire de deux hommes, José (Nicolas Duvauchelle) et Maxime (Raphaël Personnaz), amis et associés dans une entreprise de construction en difficulté.

Guidés par leurs intérêts et l'appât du gain, ils prennent une décision radicale qui les fait basculer irrémédiablement du côté des hors-la-loi et les oblige à partager un lourd secret. Un personnage inquiétant, Moïse (Roschdy Zem), arrive alors dans leurs vies, et va se servir de leur passé pour les menacer et leur faire du chantage.

"En tant que spectateur, j'ai toujours été friand de films noirs", a indiqué à l'AFP Roschdy Zem, qui souligne être "un grand admirateur de Sidney Lumet", et notamment de son polar "7H58 ce samedi-là".

"Ce sont les films qui m'ont le plus marqué", a-t-il ajouté, expliquant que les projets sur lesquels il travaille en tant que réalisateur correspondent aussi à "son envie du moment" ou sont parfois influencés par ceux auxquels il a participé "comme acteur".

Le comédien de 53 ans indique avoir conçu son personnage avec son coscénariste Olivier Gorce en ayant en tête le mythe de Faust et la figure de Méphistophélès.

"On lui a vraiment mis des aspects et des pouvoirs diaboliques", dit-il de cet homme manipulateur et pervers aux abords sympathiques. "Il estime que le compte n'y est pas, et il revient chercher leur âme", ajoute le réalisateur. Il souligne avoir ensuite "gommé un peu" cet aspect pour mettre "une dimension sociale" au film.

Au-delà du polar, "Persona non grata" est aussi un film sur l'ascension sociale et de la revanche, qui fait écho pour lui à la société "telle qu'on la perçoit aujourd'hui".

"Il faut éliminer celui qui est en haut pour prendre sa place, et finalement certainement pour réitérer les mêmes attitudes que les siennes, donc en fait rien ne change", poursuit Roschdy Zem, qui sera le 21 août à l'affiche du film noir d'Arnaud Desplechin "Roubaix, une lumière".

"A la fin, les perdants, ce sont toujours ceux qui sont en bas de l'échelle sociale", dit-il.

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