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"Portrait de la jeune fille en feu": Sciamma filme la rébellion sous les corsets

Céline Sciamma (C) entourée d'Adèle Haenel (G) et Noémie Merlant (D), à la remise du prix du scénario au 72e festival de Cannes pour son film "Portrait de la jeune fille en feu", le 25 mai 2019.Alberto PIZZOLI

Avec "Portrait de la jeune fille en feu", en salles mercredi, la réalisatrice Céline Sciamma raconte avec pudeur une histoire d'amour interdite entre deux femmes aux destins opposés, dans un XVIIIe siècle corseté.

1770: l'une est blonde, le visage fermé, et engoncée dans sa robe longue quand l'autre, la poitrine décolletée, s'épanouit dans sa vie d'artiste.

Adèle Haenel - qui avait déjà tourné avec Céline Sciamma en 2007 pour "Naissance des pieuvres" et a été sa compagne - et Noémie Merlant sont à l'écran Héloïse et Marianne, deux femmes dont les vies vont se mêler alors que rien ne les prédestine à se rencontrer.

Sortie du couvent pour se marier à un homme dont elle ignore tout, Héloïse (Adèle Haenel) doit selon les conventions de l'époque poser pour que l'on réalise son portrait. Lequel doit être remis à son futur époux.

Refusant de prendre la pose, comme si cette peinture l'assignait définitivement à son rôle d'épouse, elle a eu raison d'un premier peintre. A charge pour Marianne (Noémie Merlant), la nouvelle peintre mandatée par la mère qui a connu le même sort, de mener à bien la commande.

La jeune artiste à qui l'on demande de se faire passer pour une dame de compagnie va gagner progressivement la confiance de son modèle, qui baisse la garde et se laisse apprivoiser par la peintre dont elle envie la liberté.

De cette complicité va naître un amour brûlant, mais toujours traité avec pudeur, avant que la réalité ne les rattrape.

"Si ces femmes se savaient condamnées à des vies tout tracées, elles étaient traversées pour autant par d'autres choses. Elles étaient curieuses, intelligentes, avaient envie d'aimer", souligne Céline Sciamma dans les notes d'intention du film.

Adèle Haenel livre une interprétation tout en retenue de son personnage à la colère intériorisée, quand Noémie Merlant apporte la lumière d'une femme affranchie qui va jouer le rôle d'initiatrice.

Dans ce film, récompensé au dernier Festival de Cannes par le prix du meilleur scénario, Céline Sciamma s'intéresse à nouveau à des femmes combatives qui se soudent dans l'adversité, après "Bande de filles", sorti en 2014, sur des jeunes femmes noires de banlieue qui bravent les interdits.

La cinéaste féministe, très impliquée dans le collectif "50/50 pour 2020" qui a pour objectif de promouvoir la parité et l'égalité dans le monde du 7e art, y défend une fois de plus la liberté des femmes.

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