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"Spider-Man: New Generation" sacré meilleur film d'animation aux Oscars

Shameik Moore à Los Angeles le 30 novembre 2018GREGG DEGUIRE

"Spider-Man: New Generation", dessin animé renversant dans tous les sens du terme qui aborde des thèmes universels comme la famille et réinvente le personnage de l'homme-araignée, a logiquement remporté dimanche l'Oscar du meilleur film d'animation après avoir fait l'unanimité chez le public et la critique.

Le film de Peter Ramsey, Bob Persichetti et Rodney Rothman présente un nouveau Spider-Man: Miles Morales, héros noir et latino.

"Quand on nous dit que l'enfant de quelqu'un a regardé le film et s'est tourné vers ses parents en disant +il me ressemble+ ou +ils parlent espagnol comme nous+, on a la sensation d'avoir déjà gagné", a déclaré Phil Lord, l'un des scénaristes, en recevant la statuette sous les applaudissements.

Comme Peter Parker avant lui, Miles Morales est un ado de New York un peu gauche, qui aimerait bien plaire aux filles mais, en proie à des problèmes familiaux, cherche encore sa place dans ce monde.

Un jour, il se fait piquer par une araignée radioactive et doit apprendre, comme tout Spider-Man qui se respecte, à devenir un super-héros, pour s'allier avec d'autres héros arachnides venus d'univers parallèles et sauver le monde de la destruction.

Du classique.

Mais du classique raconté de manière novatrice et qui dépeint un Spider-Man, baskets Nike aux pieds et musique rap dans les écouteurs, plus en phase avec la société moderne.

Et alors qu'Hollywood - accusé l'année dernière de trop mettre en avant des personnages blancs - tente de diversifier ses héros, les origines métisses de Miles Morales s'intègrent bien dans le paysage actuel des blockbusters, marqué par des succès comme "Black Panther".

"D'une certaine manière, le coeur du film est le récit initiatique de Miles, mais nous voulions raconter ça d'une manière totalement nouvelle et inhabituelle. Nous voulions mettre quelqu'un de totalement différent sous le masque de Spider-Man", a expliqué le producteur Christopher Miller, co-réalisateur du film "21 Jump Street".

- "Jouer avec les compositions" -

C'est surtout la mise en scène rythmée et ultra-rafraîchissante du film qui a séduit.

Une scène, notamment, marque les esprits: quand Spider-Man se jette d'un immeuble pour découvrir ses pouvoirs, la caméra se retourne, pour donner l'impression qu'il tombe...vers le haut.

Une idée simple mais drôlement efficace, et surtout plus innovante que ce qui a été proposé jusqu'ici dans les films "Spider-Man". Les spectateurs en sont restés scotchés à leur siège: 97% de revues positives sur l'agrégateur de critiques du site de référence Rotten Tomatoes et près de 350 millions de dollars de recettes à travers le monde.

Le film se veut également un hommage aux "comics" en reprenant les codes graphiques de la bande dessinée américaine, notamment avec des bulles et des onomatopées ("Thwip", "Woooooo") qui s'affichent à l'écran.

"Il y a des moments où l'image se décompose en cases, comme dans les +comic-books+", détaille Christopher Miller.

"Nous avons fait des plans très rapides qui nous permettent de jouer avec des compositions inhabituelles. Il y a également de nouveaux effets sonores et des visuels stylisés disséminés un peu partout à travers le film".

En outre, les fans les plus assidus de bandes dessinées apprécieront les multiples clins d'oeil qui leur sont adressés.

Au-delà de la classique apparition de Stan Lee, le père des super-héros Marvel décédé un mois avant la sortie du film, ils auront notamment été sensibles au fait que Steve Ditko, co-créateur de l'homme-araignée en 1962, se retrouve dans le répertoire du téléphone de Miles Morales.

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