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47 TER, une belle adresse rap

47 TER, une belle adresse rap
Les membres du groupe 47 TER, avec de gauche à droite: Pierre-Paul, Miguel, et Blaise, lors d'une séance photo à Paris le 24 octobre 2019JACQUES DEMARTHON

Sensation potache sur YouTube, le trio 47 TER évite le pastiche avec son premier album "L'adresse", rappant au passage des textes habiles sur l'euthanasie ou la consommation "trop décomplexée" de drogues.

Aux côtés du funky "On avait dit", taillé pour faire bouger en concert, on tend donc l'oreille sur "Laissez les partir": "Où est-ce que je trouverai le moral/Quand roulante sera ma chaise/Est-ce que c'est normal que d'savoir/Que j'peux mourir ça m'apaise".

"On n'incite personne, ce n'est une pas de prise position, c'est juste un avis, quand quelqu'un (en fin de vie) a besoin, envie de partir, ça ne devrait même pas se discuter", explique à l'AFP Pierre Paul, celui qui écrit et chante.

C'est un sujet rarement abordé en chanson, mis à part dans "Euthanasie" des punks d'Olivensteins à la fin des années 1970, en mode trash: "Euthanasie papy/Euthanasie mamie/Votre calvaire est fini".

Les 47 TER - le nom vient de l'adresse de leur QG, la salle des fêtes/spectacles de Bailly, leur commune dans les Yvelines - éclatent de rire à l'évocation de ce vieux titre. "On n'est pas là dedans, dans la provoc', c'est un sujet qui nous touche, qui revient dans des discussions de fin de soirées, on est contents que ce soit dans l'album", poursuit Pierre Paul, lunettes sur le nez.

- "Gâcher tes classiques" -

Il y a aussi "Chaque soir", mise en garde contre l'abus de drogues. "On est une génération, à 20 piges, où c'est très détente la drogue", commence Pierre Paul, "très décomplexé, à la mode", complète Miguel, visage mangé par une barbe à la Wolverine dans X-Men.

"Mais il ne faut pas oublier que ça tue des mecs, que ça rend fou, on n'est pas là du tout à dire +te drogue pas+ - je suis ouvert à tout - mais on a un public plus jeune que nous", reprend Pierre Paul.

Les autres titres sont à leur image, entre auto-dérision, hymne à "la glande" ("Jamais su", "Assieds toi") et histoires d'amour cabossées ("Sans toi", "Harakiri").

Retour sur leur jeune parcours. Au collège, ils s'essayent au "métal, au rock, à la pop", d'abord en instrumental, puis avec une chanteuse, qui part. Pierre Paul se met alors à écrire en français car il ne parle "pas un mot d'anglais". A la charnière lycée/études, ils mettent en ligne des freestyles dans leur chambre, les fameux "On vient gâcher tes classiques". Succès viral sur Youtube et participation, un jour, d'Oxmo Puccino.

- "Son père veut nous manager" -

Un jour, il faut annoncer aux parents que ce n'est pas juste un hobby.

Pour Miguel, c'est houleux. "La scolarité avait toujours été un enfer, jusqu'au jour où j'entre dans une école de pilote de ligne, c'était un de mes rêves, déroule-t-il. Mes parents se disent +putain, incroyable, il fait un truc de sa vie+. Mais au bout de trois semaines, j'arrête pour la musique, c'est pour eux un +coup dans la gueule+. Maintenant ils sont à fond".

"Son père veut nous manager", rigole Pierre Paul. Lui avait déjà "arrêté les études pour bosser dans un McDo' et faire de la musique". "Mais ma mère m'avait dit : +évidemment, je ne te voyais pas faire des études+. Et mon père, qui jouait du piano, aurait adoré faire ce qu'on fait".

"L'avantage, c'est que le jour où on décide de tout lâcher - les études pour moi - on a zéro certitude, mais une tournée", rebondit Blaise, boucles blondes sous sa casquette, le plus timide.

Il y a des bons signaux: Le Trabendo, le 8 février 2020, est déjà complet, et une date à La Cigale a été annoncée le 16 mai.

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