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A Cannes, "Dalva" s'attaque à l'inceste et aux mécanismes d'emprise

A Cannes, "Dalva" s'attaque à l'inceste et aux mécanismes d'emprise
L'actrice française Zelda Samson (G) et la réalisatrice Emmanuelle Nicot qui présente son premier film ("Dalva") à Cannes, le 20 mai 2022 Jordi ZAMORA
 
 

Se reconstruire après un inceste: avec "Dalva", son premier film présenté à Cannes, la réalisatrice Emmanuelle Nicot ausculte les mécanismes de l'emprise et révèle au passage une jeune actrice de seulement 12 ans, bluffante.

Le film, présenté vendredi et samedi à la Semaine de la critique, s'ouvre sur l'irruption de policiers dans un appartement. Ils viennent arrêter un homme en cavale avec sa fille, à qui il demande de s'habiller et de se maquiller comme une adulte.

"Ce n'est pas sa faute, je suis là parce que je le veux", crie Dalva (Zelda Samson), pré-adolescente aux traits enfantins. A partir de cette scène, le spectateur embarque dans une exploration vertigineuse des mécanismes d'emprise.

"Les monstres n'existent pas à mon avis. C'est un homme qui aime sa fille. Mal, mais il l'aime", estime la réalisatrice (36 ans), lors d'un entretien à l'AFP.

Son film, dans lequel la violence sexuelle n'apparait jamais à l'écran, a mis quatre ans et demi à voir le jour. Pour se documenter, Emmanuelle Nicot, Française installée en Belgique, a visité un centre accueillant des enfants maltraités dans l'ouest de la France.

"Ce qui m'a émue, c'est que j'ai rencontré beaucoup d'enfants qui avaient été retirés à leur famille en raison d'abus, et qui continuaient à les défendre face à la justice", a-t-elle expliqué. "Tous étaient dans une forme de mécanisme de défense, de déni, extrêmement fort".

Comme son personnage, qui va être recueillie dans un de ces centres et côtoyer des enfants de son âge, sous l'oeil sevère mais bienveillant d'un éducateur (Alexis Manenti, vu dans "Les Misérables").

Zelda Samson n'avait que 11 ans quand elle a entendu parler du casting pour le film. Ses parents lui ont donné l'autorisation et la voici à Cannes. Malgré cela, elle ne se voit pas devenir actrice, et rêve plutôt d'astrophysique.

Son interprétation, intense, fait penser à celle d'Emilie Dequenne dans "Rosetta" des frères Dardenne, qui remporta également la Palme d'or en 1999.


 

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