A Canneseries, la Croisette en mode relax

A Canneseries, la Croisette en mode relax
Les acteurs et actrices de "Vernon Subutex", le jury et les organisateurs du festival Canneseries, à Cannes, le 5 avril 2019 Valery HACHE

Le tapis n'est pas rouge mais rose vif, foulé par des vedettes du petit écran et des quidams faisant des selfies. A Cannes, un mois avant le grand rendez-vous annuel du 7e Art, on célèbre depuis vendredi soir les séries en jouant la carte décontractée.

Malgré un dress code décrit comme "creative chic", Virginia Fernandez, 32 ans, a sorti la robe de cocktail pour la projection de "Vernon Subutex", avec Romain Duris, présentée en ouverture du festival Canneseries.

"Accro" aux séries, comme son compagnon Ernesto (ils regardent un épisode chaque soir), elle vient, depuis la première édition du festival l'an dernier, découvrir sur grand écran de nouvelles séries dans l'enceinte du Palais des festivals.

"Ce qu'on aime, c'est qu'il n'y a pas que des séries américaines. L'année dernière, on a beaucoup aimé la série israélienne +Miguel+" (depuis vendredi sur Canal+ Series), explique cette fan de "La Casa del papel" et de "True detective".

"C'est un festival plus cool, plus accessible, on peut facilement interagir avec les gens", renchérit Ernesto, qui a rencontré l'an dernier Sandra Oh, vedette des séries "Grey's anatomy" et "Killing Eve".

Là ou le Festival de Cannes se montre assez strict, recommandant le port de tenues de soirée et interdisant les selfies pendant la montée des marches, Canneseries ne s'embarrasse pas de protocole. Sur le tapis, c'est le mélange des genres, avec Roman Duris, très élégant en veste à paillettes dessinée par Hedi Slimane, côtoyant Philippe Rebbot, également à l'affiche de "Vernon", arborant casquette et chemise hawaïenne.

Présidé par l'ancienne ministre de la Culture Fleur Pellerin, Canneseries s'appuie ouvertement sur les codes cannois, tout en y injectant une touche pop et décalée, à l'image du tapis rose et du palmier fluo en guise de récompense.

- "Raconter des histoires" -

Comme le mythique festival de cinéma, Canneseries a sa montée des marches, ses projections au Palais des festivals, sa compétition officielle, son jury, ses fêtes et sa cérémonie de clôture en clair sur Canal+.

"On a un tapis, une montée des marches, 1.600 personnes dans l'auditorium et la présence de Pierre Lescure", président du festival de Cannes, se félicite ainsi le maire David Lisnard (LR).

"Sa présence est un encouragement", a ajouté l'édile lors de la cérémonie d'ouverture.

Si Canneseries (jusqu'au 10 avril) débute, il témoigne, comme son concurrent Séries Mania à Lille, de la force d'attraction des séries, à l'heure où les plateformes de streaming se multiplient.

"Les spectateurs veulent suivre des personnages pendant plus de deux heures", estime l'actrice Emma Mackey, révélée dans "Sex Education" et membre du jury.

"Je viens du cinéma, j'ai réalisé des films" avant de découvrir les séries, souligne Baran bo Odar, président du jury et créateur de la série "Dark". "Je crois que c'est l'avenir et que la façon de raconter des histoires est en train de changer. Ce qui ne change pas est qu'on veut toujours raconter des histoires".

Canneseries a accueilli 20.000 participants l'an dernier. Adossé au MIPTV, il bénéficie de la force de frappe du rendez-vous de l'industrie mondiale de la télévision et de ses 400 journalistes accrédités.

Et si les paparazzi et chasseurs d'images seront évidemment autrement plus nombreux dans quelques semaines pour l'incontournable Festival de Cannes (4.500 accrédités l'an dernier pour 200.000 spectateurs), la Croisette accueille déjà des curieux pour les séries. A l'instar de Claude et Jeannine, retraités venus juger sur pièce l'adaptation de "Vernon Subutex", après s'être déchirés sur le roman de Virginie Despentes.

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