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Agnès b., collectionneuse d'art, a "appris à faire confiance à son instinct"

Agnès b., collectionneuse d'art, a
La créatrice Agnès b. à Paris, le 4 octobre 2016ALAIN JOCARD
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"J'ai appris à faire confiance à mon instinct" déclare à l'AFP Agnès Troublé, créatrice d'Agnès b., à propos de "sa grande collection d'art contemporain" qu'elle abritera dans "La Fab" dont les portes ouvriront au printemps prochain à Paris.

"J'ai envie depuis longtemps d'un lieu où montrer ma grande collection", confie la créatrice. Une petite partie de ses 5.000 œuvres de peinture, sculpture, photographie, vidéo, a déjà été présentée en quelques occasions notamment à la Galerie Lambert. "Mais tout un pan de la collection n'a jamais été vu".

Elle avait pensé installer son fonds de dotation d'art contemporain dans la banlieue nord avant d'opter pour le XIIIe arrondissement. Elle a vu dans ce quartier "une sorte de nouveau Paris, vivant, plein de jeunesse, notamment grâce à la fac" Paris-Tolbiac. "Je souhaite que les jeunes s'intéressent à ma collection."

Quelque 200 ou 300 m2 sur ses 1.400 m2 de surface seront consacrés à "La galerie du Jour", sa galerie d'art contemporain ouverte rue Quincampoix en 1984, qui rejoindra "La Fab" avec la librairie.

- Le hasard Basquiat -

"La Fab" conçue par l'architecte Augustin Rosenstiehl, s'étendra sur deux étages, au N°1 de la place Jean-Michel Basquiat qui sera inaugurée le 29 septembre.

"Je n'ai rien à voir avec le choix du nom" du peintre de l'underground new-yorkais, protégé d'Andy Warhol et décédé à 27 ans en 1988. "C'est un hasard que je reçois comme un signe".

L'une des premières pièces de sa collection, entamée vers 1983-84, fut un autoportrait de Jean-Michel Basquiat: "un dessin que j'ai acheté à son atelier à New York", se souvient-elle.

Elle l'avait reproduit ensuite sur un t-shirt Agnès B. "Grâce à la sœur de Basquiat que j'aime beaucoup et qui sera présente pour l'inauguration de la place", précise-t-elle, "nous le rééditerons pour l'occasion".

La marque édite des t-shirts d'artistes depuis 1976, ou portant des petites phrases amusantes qui "lui viennent à l'esprit", raconte-t-elle. Comme "+Mon cul sur la commode+: une expression de mon enfance que ma grand-mère utilisait lorsqu'elle doutait de nos histoires!"

La toute première pièce de sa collection est une œuvre du peintre et sculpteur italien Antonio Recalcati qu'il lui avait lui-même offert à la fin des années 60.

"Ça c'était un cadeau, mais j'ai appris à faire confiance à mon instinct et j'adore découvrir des artistes émergents", dit-elle, citant l'artiste Claire Tabouret: "J'aime sa peinture, elle y évoque beaucoup l'enfance". Ce thème qui la "fascine est très présent" dans sa collection et dans sa vie, aimant à souligner qu'elle est, à 76 ans, "mère de cinq enfants, grand-mère de seize petits-enfants, arrière grand-mère de trois arrière-petits-enfants".

- Des expositions thématiques -

La collectionneuse souhaite que "les gens ne se soient pas intimidés à la Fab", que les jeunes s'y sentent chez eux". Elle compte organiser en collaboration avec le centre d'art "Le Point Éphémère" des concerts, des lectures, des moments de danse et de poésie.

Si, à son regret, l'entrée ne peut être gratuite, des tarifs pour les jeunes et des cartes d'abonnement seront proposés.

Des cloisons mobiles permettront de métamorphoser l'espace en fonction des expositions thématiques qui dureront environ deux mois. Elle exclut toute exposition permanente, estimant le changement régulier "plus intéressant pour que le public revienne découvrir d'autres choses, nous avons tant d’œuvres à montrer !".

Avec son équipe, elle assurera les premiers commissariats. "Par la suite, nous inviterons des commissaires extérieurs", explique-t-elle, car "ce sera captivant que d'autres explorent la collection".

Elle prévoit une pré-inauguration du lieu vide, en décembre avec ses amis", prévient-elle, "histoire de célébrer un peu la Fab en 2018 en même temps que les 18 ans du siècle".

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