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Aja, de La Femme à l'échappée belle

Aja, de La Femme à l'échappée belle
Clémence Quélennec (C) avec les membres du groupe La Femme le 16 mars 2017 à TokyoKaryn NISHIMURA-POUPEE

Après huit ans de tournées avec La Femme, Clémence Quélennec a profité d'une pause du groupe pour partir au Maroc et y produire, sous le nom d'Aja, une électro planante inspirée par "la nature et la lumière".

"Solitaire", mini-album (EP) de cinq titres, sort ce vendredi et va surprendre ceux qui la voient toujours comme "la femme de La Femme" - formation essentiellement masculine, donc - qui chantait "Mycose", dansant micro en main sur le devant de la scène au Lollapalooza à Paris en 2017.

Filmée jouant en live "Lointaine contrée", un de ses deux instrumentaux, Aja est assise, clavier sur les genoux, dans la montagne, ses notes rêveuses parsemées du ressac de l'océan ou de piaillements d'oiseaux. Un concentré de sa nouvelle vie dans le sud du Maroc.

"Je prends mon enregistreur - j'aime bien marcher, faire de la rando - pour (capter) ce qu'il y a autour, plein d'animaux, le vent dans les feuilles, le son de mes pas quand je marche, la mer au loin".

Ensuite, "il y a du son utilisé de manière brute ou des sons que je trafique. Ça me donne des idées. Je ne compose pas mes morceaux avec piano et voix, ce n'est pas trop mon +process+".

Pourquoi le Maroc? "Je voulais juste partir au soleil, j'avais la chance d'avoir un peu d'argent de côté et pas de truc qui me retienne à Paris", explique-t-elle. Aja se voyait plutôt en Grèce mais a suivi son "mec qui a sa grand mère là-bas". "Je ne suis pas repartie".

- "Coucher de lune dans la mer" -

Le couple a trouvé une "maison très isolée". Mais pas question d'une vie d'ermite. "La maison accueille beaucoup de gens, on se voit autour de la musique, de la création (...) Si quelqu'un a besoin de temps pour composer, il peut rester".

Dans sa galaxie musicale/amicale on trouve des "électro-libres" comme Jacques, Ouai Stéphane, ou Neysa, moitié du duo trip-hop UTO qui l'a aidée pour un texte.

L'EP, cohérent, a pour "conducteur la lumière": "J'ai la chance d'avoir un ciel aux couleurs qui changent tout le temps, j'ai vu aussi un coucher de lune dans la mer".

"J'ai envie de faire voyager, je me raconte des voyages, féériques, fantastiques", expose-t-elle. Ses titres la rapprochent un peu de ceux de M83, projet conduit par Anthony Gonzalez. "Oui, j'aime trop ce qu'il fait". Rien d'étonnant, puisque M83 et Aja citent comme référence Suzanne Ciani, pionnière américaine de la musique électronique puis new age.

Dans son studio d'enregistrement "ouvert sur la nature", elle est "assez sereine". Oubliés ses problèmes passés d’anorexie - "ça arrive, j'ai eu la chance d'en guérir assez vite".

Steely Dan avait intitulé son 6e album "Aja". Elle "aime bien" le groupe américain, mais c'est une fausse piste. "Je voulais me projeter dans un personnage. C'est un nom qui peut sortir d'un conte. J'ai vu que ça veut dire +chèvre+ en hindi. Comme c'est mon animal préféré et que je suis entouré de chèvres depuis un an et demi, ça me plaît bien".

Dans son environnement, il y a aussi quelques petites galères. "On a un petit peu internet mais à 19h00 c'est comme si le mec du wifi partait. On est obligés d'aller au village". Elle a aussi "essayé de faire un jardin", mais "c'est l'enfer".

Le projet "Solitaire" a en revanche bien germé et devrait encore s'épanouir sur scène, où Aja veut "travailler le côté +ambient+, pour improviser de longues plages +tripantes+".

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