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Après le Grand Palais, les rêves poétiques de Miro s'exposent cet été en Haute-Loire

Après le Grand Palais, les rêves poétiques de Miro s'exposent cet été en Haute-Loire
Installation de l'exposition "Les chemins de la poésie" rassemblant des oeuvres poétiques et colorées de Joan Miro au Doyenné de Brioude le 21 juin 2019 Thierry Zoccolan

Après Paris et le Grand Palais, une soixantaine d'oeuvres poétiques et colorées du grand maître catalan Joan Miro ont pris leurs quartiers d'été en Haute-Loire, à l'occasion d'une exposition exceptionnelle au Doyenné de Brioude, jusqu'au 6 octobre.

Baptisée "Les chemins de la poésie", l'exposition, sise dans une demeure de chanoines datant du 12e siècle, met en évidence le lien ténu entre Miro et les grands poètes et écrivains du mouvement surréaliste, qu'il a fréquentés.

Alfred Jarry, André Breton, Tristan Tzara, Robert Desnos, Paul Eluard, René Char ou encore Jacques Dupain et Jacques Prévert vont orienter sa création vers un univers onirique. Il illustrera bon nombre de leurs oeuvres respectives.

"Pour moi, un tableau doit être comme des étincelles. Il faut qu'il éblouisse, comme la beauté d'une femme ou d'un poème", confessait d'ailleurs Miro, dans un entretien datant de 1959.

"Miro a été très lié aux poètes dès les années 20 à son arrivée à Paris. Il a connu tout le monde et ils étaient émerveillés de voir cet homme avoir un langage différent, s'insérer dans une nouvelle voie montrant que la peinture pouvait vivre sous d'autre cieux que l'art figuratif", explique le commissaire de l'exposition, Jean Louis Prat, qui fut aussi ami de Miro.

"Il va créer un monde rêvé, puisant la réalité dans son sol natal, en interrogeant le ciel. Il va créer un langage généreux qu'il va explorer et qu'il va renouveler sans cesse avec une idée toujours nouvelle. Il va interroger les nouveaux matériaux comme la céramique, vivifier la langage de la sculpture", poursuit celui qui fut directeur de la fondation Marguerite et Aimé Maeght à Saint-Paul-de-Vence pendant 35 ans, jusqu'en 2004.

C'est grâce à cet Auvergnat de 78 ans, commissaire indépendant de renom, que de nombreux collectionneurs privés du monde entier ont accepté de prêter leurs oeuvres pour qu'elles soient exposées dans la sous-préfecture de la Haute-Loire.

"La culture ne doit pas être seulement centralisée à Paris. Elle doit aller au devant de tous. En Auvergne, on n'avait pas jusqu'à présent de grand musée", estime celui qui fut par ailleurs le commissaire de l'exposition parisienne du Grand Palais.

Sous son égide, le Centre d'art moderne et contemporain de Brioude a déjà accueilli l'an dernier une autre grande exposition, présentant une centaine d'oeuvres de Marc Chagall, attirant pas moins de 40.000 visiteurs.

Le lieu, qui n'avait jamais connu une telle affluence, s'est entre-temps adapté et a installé cette année la climatisation pour garantir des conditions optimales d'accueil pour les oeuvres de Miro.

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