Art russe controversé : enquête judiciaire et perquisitions en Belgique

Art russe controversé : enquête judiciaire et perquisitions en Belgique
Une oeuvre de Kandinsky exposée au musée russe de Saint Petersburg, le 22 septembre 2016OLGA MALTSEVA
Russie

Le musée des Beaux-Arts de Gand en Belgique a été perquisitionné lundi dans le cadre d'une enquête judiciaire portant sur les conditions du prêt de 26 oeuvres de l'avant-garde russe, retirées le mois dernier en raison de soupçons de contrefaçon.

Le parquet de Gand et le cabinet de l'adjointe à la Culture de la cité flamande ont confirmé à l'AFP l'information révélée par la chaîne privée de télévision VTM.

Dans un communiqué, le parquet a souligné que la police fédérale de Flandre orientale, sous l'autorité d'un juge d'instruction de Gand, avait effectué plusieurs perquisitions "en différents endroits" de Belgique.

Elles s'inscrivent dans le cadre d'"une enquête en cours sur l'authenticité d'oeuvres ayant récemment fait l'objet d'une exposition au musée", a-t-on ajouté de même source. Le ou les autres lieux visés n'ont pas été précisés.

Un avocat belge, Me Geert Lenssens, a précisé que l'enquête avait été ouverte à la suite d'une plainte déposée par quatre marchands d'art internationaux et l'ayant droit d'un artiste, gérant son héritage.

"Ils ont subi un dommage, maintenant que le marché de l'art et des musées a été fragilisé", a déclaré cet avocat représentant les plaignants, cité par l'agence Belga.

Il s'agit d'une nouvelle étape dans l'affaire Igor Toporovski, du nom d'un collectionneur belgo-russe établi à Bruxelles, spécialisé dans l'avant-garde russe, mais qui est controversé dans le milieu de l'art.

A la mi-janvier, un groupe d'historiens de l'art avait mis en cause l'origine "hautement discutable" de 26 oeuvres issues de sa collection - signées Malevitch, Kandinsky ou Gontcharova -, intégrées depuis quelques mois au fonds du MSK (Museum voor Schone Kunsten) de Gand.

Les experts jugent l'avant-garde russe, un mouvement artistique s'étendant de 1890 à 1930, particulièrement exposée à la contrefaçon.

Igor Toporovski lui-même a déjà été confronté dans le passé à des résultats d'analyses mettant en doute l'authenticité d'au moins une partie de sa collection.

Et le MSK, qui compte parmi les musées les plus réputés de Belgique, est soupçonné d'avoir été au minimum imprudent en acceptant d'exposer des oeuvres de ce collectionneur. Il avait décidé fin février de rompre le contrat de prêt pour tenter d'éteindre la polémique.

Mais, nouveau rebondissement, le 7 mars, la directrice du MSK, Catherine de Zegher, avait été suspendue de ses fonctions par l'organisme qui chapeaute les musées municipaux de Gand. Il lui est reproché d'avoir menti devant des élus concernant la consultation d'experts.

D'après les médias flamands, la police a saisi lundi au musée des ordinateurs, à la recherche de documents relatifs notamment à l'origine des oeuvres controversées.

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