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Au Kaléidoscope festival, les Londoniens savourent le retour de la musique live

 
 

"Je n'ai pas fait quelque chose comme ça depuis deux ans !": comme Leonie Louis, près de 10.000 fans de musique se sont retrouvés samedi au Kaleidoscope festival de Londres, savourant la levée des dernières restrictions liées au coronavirus.

Parés de paillettes ou de couronnes de fleurs, les festivaliers n'ont pas reculé devant le temps menaçant pour envahir l'Alexandra Palace - mythique lieu de musique ayant accueilli Pink Floyd, les Rolling Stones ou encore Jay Z - et ses jardins, situés dans le nord de la capitale britannique.

Déjà en train de se déhancher devant la scène principale ou bien allongés dans l'herbe, tous profitent de ce grand retour de la musique live.

"Je suis vraiment ravie d'être ici", explique Leonie, confortablement allongée dans un transat, "c'est vraiment tellement bien de voir tout le monde sortir, boire et s'amuser, d'entendre de la musique et de pouvoir danser. De juste en profiter !"

Le Kaleidoscope festival, où se côtoient des groupes comme Groove Armada, The Coral mais aussi des humoristes et écrivains de renom, constitue l'un des plus grands événements sur scène en Angleterre depuis que le pays a levé ses dernières restrictions sanitaires le 19 juillet.

Pour la consultante en management de 24 ans, "c'était le bon moment" pour le faire. "Les gens en ont eu assez d'être enfermés, de sortir et rentrer en confinement", explique-t-elle, ajoutant, fataliste: "Il n'y aura jamais de moment idéal pour rouvrir, comme le coronavirus ne disparaîtra jamais complètement".

- Tests négatifs -

La situation sanitaire a cependant rendu l'organisation "très difficile", a indiqué à l'AFP le directeur événementiel de l'Alexandra Palace, Simon Fell, craignant jusqu'à la dernière minute une annulation au gré d'un changement brusque des règles sanitaires.

"Comment vendre des billets aux gens, si vous ne savez pas vraiment si l'événement aura lieu ? C'est une position très difficile", a-t-il souligné. Mais "ça a été une situation très difficile pour tous les acteurs du secteur", a-t-il ajouté, "on ne savait pas à l'avance quelles seraient les règles !"

Autour de la scène principale, point de masque, mais des festivaliers avec le sourire jusqu'aux oreilles, qui se déhanchent une bière à la main dès les premières heures de l'après-midi, profitant d'une magnifique vue sur Londres.

Le retour tant attendu de la musique sur scène crée une ambiance surprenante à cette troisième édition du festival, où sous les fanions colorés se côtoient familles avec enfants et clubbers aux extravagants habits.

Joshua Brigts, 25 ans, est "un peu anxieux" de la situation sanitaire, alors que l'Angleterre est en proie à l'explosion du variant Delta du coronavirus, beaucoup plus contagieux.

"Mais en même temps, je sais que tout le monde ici a eu un test négatif dans les dernières 48 heures, alors qu'en marchant dans le centre de Londres, il y a autant de gens, si ce n'est plus, et on ne sait rien d'eux", tempère-t-il, disant se "sentir bizarrement plus en sécurité ici" que lors de son trajet pour aller au travail.

- La musique comme remède-

Assis à côté de lui sur une botte de paille, son ami Stephen Parsons, 25 ans, arborant chemise à fleurs branchée et casquette "Fuck the world", explique, "émerveillé", que cet après-midi de musique lui a rendu son "optimisme".

"La musique m'a complètement remonté le moral", dit le jeune homme, venu de Bedford, à une centaine de kilomètres au nord de Londres, juste pour la journée.

Pendant un an et demi, il a visionné de nombreux concerts en ligne, mais rien n'arrivait à reproduire l'ambiance de la musique live.

"Ce que j'aime vraiment dans un festival, c'est des groupes connus mais aussi une petite scène comme celle-ci pour expérimenter cette ambiance unique". "Et ça tu ne peux pas l'avoir sur Zoom !", ajoute-t-il, "ce n'est pas la même chose du tout !"


 




 

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