Avant le musée de Rio, des joyaux du patrimoine mondial détruits

Avant le musée de Rio, des joyaux du patrimoine mondial détruits
Le site des statues de Bamiyan, qui ont été détruites en 2001 par les Talibans, photographié le 6 novembre 2016WAKIL KOHSAR

A l'instar du Musée national de Rio de Janeiro, ravagé par un incendie d'origine inconnue, plusieurs joyaux du patrimoine mondial ont été détruits au cours de l'histoire, mais la plupart du temps par la guerre.

En voici quelques exemples :

- La bibliothèque d'Alexandrie -

De 300 avant JC au 7e siècle de notre ère, l'antique bibliothèque d'Alexandrie - fondée par Ptolémée Ier, roi d'Égypte - fut le temple du savoir universel avec plus de 700.000 rouleaux, papyrus et autres tablettes d'argile sumériennes. Une collection qui servit de base à de nombreux travaux scientifiques et théologiques.

Le Museion, ou foyer des savants, qui abritait des centaines de milliers de livres, aurait brûlé lors de l'insurrection contre César en 48 avant JC. La destruction finale du lieu, déjà sérieusement abîmé et privé de nombre de ses ouvrages, aurait eu lieu, autour de 640, lorsque les troupes arabes du calife Omar ont assiégé Alexandrie.

- L'université bouddhiste de Nalanda -

Nalanda (aujourd'hui dans le nord-est l'Inde) fut une des premières universités du monde et la plus grande université bouddhiste de l'histoire. Les ruines de ce chef d’œuvre architectural fondé au 5e siècle s'étendent sur 14 hectares.

Au sommet de sa gloire, Nalanda abritait 2.000 professeurs et plus de 10.000 étudiants de Corée, du Japon, de Chine, du Tibet, d'Indonésie, de Perse et de Turquie. Sa "librairie" contenait des centaines de milliers de volumes.

En 1193, des envahisseurs d'origine turque l'ont mise à sac, tuant des milliers de ses résidents et brûlant tous les bâtiments. On dit que ses bibliothèques mirent plus de six mois à se consumer entièrement...

- La bibliothèque de Sarajevo -

La Bosnie a connu de 1992 à 1995 une guerre inter-communautaire qui a fait environ 100.000 morts, pour la plupart des musulmans bosniens.

Dans la nuit du 25 au 26 août 1992, à partir des montagnes dominant Sarajevo, les artilleurs serbes incendient la bibliothèque nationale de Bosnie, bâtiment construit en 1896 en style pseudo-mauresque. Les flammes n'épargnent que 300.000 livres sur plus de deux millions d'ouvrages, dont de nombreux livres rares.

Les travaux de reconstruction du bâtiment, réduit à l'état de ruine, ont débuté en 1996 et ont été en partie financés par l'Union européenne. La nouvelle bibliothèque a été inaugurée en 2014.

- Destructions en Afghanistan, Syrie et Irak -

En 2001, le saccage par les talibans des Bouddhas de Bamiyan, en Afghanistan, crée un électrochoc dans l'opinion internationale. Depuis, le groupe Etat islamique (EI), Al-Qaida et leurs affidés se sont acharnés sur les cités antiques de Palmyre, de Ninive ou d'Hatra, les mausolées de Tombouctou et bien d'autres sites encore.

Ainsi, en 2014, l'EI s'en est pris aux mausolées chiites et sanctuaires, souvent richement décorés, de Mossoul (Irak). La vieille ville, un joyau, a été dévastée par les combats et les bombardements. Dans le musée, le plus important d'Irak après celui de Bagdad, des livres et manuscrits anciens ont été brûlés et des statues antiques et des trésors pré-islamiques détruits.

- Incendies au théâtre -

En 1994, le Liceo de Barcelone, le plus célèbre théâtre lyrique espagnol, vieux de près de 150 ans, situé en plein centre-ville, est détruit lors d'un incendie provoqué par des travaux de soudure, faisant un blessé léger. Il a été reconstruit.

En 1996, le théâtre de l'opéra de Venise, la Fenice, est complètement détruit par un incendie. Ce théâtre, inauguré en 1792, était l'un des plus prestigieux du monde. Deux électriciens ont été condamnés à six et sept ans de prison, accusés d'avoir mis le feu pour éviter de payer des pénalités pour retard de travaux. Il a rouvert en 2004.

- Péril sur le Saint-Suaire -

En 1997, la cathédrale Saint-Jean-Baptiste et le Palais Royal de Turin, au nord-ouest de l'Italie, sont ravagés par un incendie. Le Saint-Suaire, une des reliques les plus vénérées des catholiques, est sauvé par un pompier qui réussit à briser à coups de marteau la protection en verre pare-balle qui le protégeait. Il s'agit du linceul qui aurait selon la tradition enveloppé le corps du Christ après sa descente de croix.

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