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Avec "Climax", Gaspar Noé bouscule une nouvelle fois

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Le réalisateur Gaspar Noé présente "Climax" au festival de Cannes, le 13 mai 2018LOIC VENANCE

Une fête, des filles, de la sangria, un couteau... Dans la veine du sulfureux "Irréversible" qui avait choqué en 2002, Gaspar Noé entraîne de nouveau les spectateurs au bord du malaise avec "Climax", "une histoire poisseuse et obsédante".

En salles mercredi, ce sixième long métrage du réalisateur argentin installé en France renouvelle l'exercice transgressif et subversif qui définit son oeuvre, avec cette fois l'histoire vraie d'une fête privée qui dégénère en chaos absolu.

Présenté au dernier Festival de Cannes dans la section parallèle de la Quinzaine des réalisateurs, "Climax" (interdit aux moins de 16 ans) propose une expérience sensorielle avec des jeux de caméra acrobatiques, à la limite du tournis.

Lumières blafardes façon "Shining" et musique assourdissante et ininterrompue, digne des meilleurs dancefloors, contribuent à l'ivresse qu'engendre le film à l'esthétique audacieuse, dont le montage n'a été bouclé que 48 heures avant sa projection à Cannes en mai.

Les personnages du film, un groupe de danseurs professionnels réunis pour un spectacle, se retrouvent en transe au cours d'une nuit d'excès, jusqu'à basculer dans l'hystérie collective.

"Je sors beaucoup. Quand il y a une manif avec des gaz lacrymogènes, je me mets au milieu au lieu de partir. J'aime être au coeur des dérapages, au premier rang. Si on reste à distance des choses, on ne se rend compte de rien", confiait à l'AFP à Cannes le réalisateur.

- Sans scénario ni dialogues -

"Je n'ai pas inventé le genre provocateur. Il y a plein de films controversés dans l'histoire du cinéma. Dès qu'on est hors normes, on est controversé... Mes cinéastes préférés, comme Fassbinder, Pasolini ou Bunuel, l'ont été à chacun de leur film", ajoute le cinéaste.

"Est-ce que j'ai envie de faire des comédies française, des braquages de banques ? Non!", assène Gaspar Noé.

"Climax" a été tourné sans véritable scénario ni dialogues, laissant les comédiens improviser sur ce thème: une fête qui bascule dans le n'importe quoi.

Le chaos s'y installe à grands renforts de stupéfiants : "Je ne dénonce rien. Les gens font ce qu'il veulent. Il y a beaucoup de choses que l'alcool ou les drogues détruisent. (...) Comme tout, il faut doser."

En 2002, Gaspar Noé avait fait sensation avec "Irréversible", un film démarrant par la fin et racontant une vengeance après un viol insoutenable montré plein écran pendant dix minutes. Lors de la projection à Cannes, une vingtaine de spectatrices avaient été victimes de malaises et de crises de nerfs.

Son film "Love" avait aussi fait scandale en 2015 avec des scènes de sexes crues. L'association Promouvoir, proche des milieux catholiques traditionalistes, avait réussi à obtenir l'interdiction du film aux moins de 18 ans (contre 16 ans auparavant), en raison de scènes de sexe non simulées.

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