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Avec "La Belle époque", Nicolas Bedos voyage dans le temps sur tous les tons

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Le metteur en scène et humoriste français Nicolas Bedos au côté de l'actrice française Fanny Ardent lors de la projection du film "La Belle époque", au Festival du Film à Rome, le 20 octobre 2019 Tiziana FABI

Pour son deuxième film, "La Belle époque", en salles mercredi, Nicolas Bedos s'intéresse une nouvelle fois à la passion amoureuse, avec un casting de stars françaises dont Daniel Auteuil dans le rôle d'un homme désenchanté et nostalgique.

"Avant, à table, on se parlait sans téléphone, il y avait la gauche, la droite", lance Victor, un ancien dessinateur de BD désabusé, incarné par Daniel Auteuil.

Dans "La Belle époque", présenté hors compétition au dernier Festival de Cannes, deuxième long métrage du réalisateur et humoriste Nicolas Bedos après "Monsieur et Madame Adelman", celui-ci s'amuse avec tendresse du mal être de Victor, sexagénaire allergique aux nouvelles technologies.

Il regrette la légèreté des années 70 quand sa femme, Marianne, incarnée par Fanny Ardant est entrée de plain-pied dans le XXIe siècle, s'échappant grâce à un casque de réalité virtuelle et côtoyant un monde où l'on parle "e-convivialité" et cure détox. Lui peine à trouver sa place dans cette société moderne dont les enjeux lui échappent et dans laquelle tout a un prix.

Alors que le couple se déchire, Antoine, joué par Guillaume Canet, un brillant entrepreneur, va proposer à Victor, par un mélange d'artifices théâtraux et de reconstitution historique, de replonger dans l'époque de son choix.

Il va ainsi revivre la semaine la plus marquante de sa vie: celle où, 40 ans plus tôt, il rencontra Marianne, incarnée dans sa jeunesse par Doria Tillier.

"Le film ne fait pas l'apologie du +c'était mieux avant+. Il constate la nostalgie d'une époque et en même temps s'en amuse", s'était défendu à Cannes en conférence de presse Nicolas Bedos. Le personnage de Victor "va puiser dans un passé un peu plus gratifiant (...) l'énergie qui va lui permettre d'adhérer" au monde actuel, insiste-t-il.

"Ce voyage dans le temps, c'est aussi ce dont il a besoin pour se rendre compte de ce qu'il aime dans le présent. (...) Cela montre que les amours peuvent être différents selon les époques, mais que c'est pas forcément mieux avant", a également souligné Guillaume Canet.

Avec ce film, Nicolas Bedos, qui s'est fait connaître comme humoriste grâce à sa plume acérée, offre à ses personnages de savoureuses joutes, où les tons se mélangent allègrement passant de la mélancolie au cynisme. Une comédie romanesque tendre et drôle, longuement applaudie lors de sa projection à Cannes.

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