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Caen: le milliardaire David Barclay débouté après sa plainte pour diffamation

Caen: le milliardaire David Barclay débouté après sa plainte pour diffamation
Sir David Barclay (à gauche) et son frère jumeau, Sir Frederick, posant après avoir été proclamés chevaliers de la reine au palais de Buckingham, à Londres, le 31 octobre 2000.MICHAEL STEPHENS

Le tribunal civil de Caen a rejeté mardi la plainte pour diffamation du milliardaire David Barclay contre l'auteur d'une pièce de théâtre inspirée de la vie du Britannique, et le condamne à 21.000 euros de dédommagement.

"Il n'y a pas dans le texte de la pièce de faits révélés inconnus, extraordinaires, intimes ou encore imaginaires et péjoratifs susceptibles de constituer une ingérence d'une particulière gravité dans la vie" du plaignant, écrivent les juges.

Le tribunal condamne le milliardaire de 85 ans à payer 6.000 euros de dédommagement moral à l'auteur de la pièce, Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre, et 5.000 euros pour atteinte à la liberté de diffusion, à chacune des sociétés Atelier théâtre actuel, Théâtre de poche Montparnasse et Théâtre irruptionnel. M. Barclay doit aussi verser 35.000 euros au titre du remboursement des frais de justice.

David Barclay demandait "l'interdiction générale de l’œuvre", rappelle le tribunal, "des mesures radicales au regard du principe de la liberté d'expression et de diffusion (qui) doivent se justifier par des atteintes d'une particulière gravité à la vie privée".

"C'est une décision exemplaire. En condamnant sévèrement David Barclay à des dommages et intérêts, le tribunal a rappelé les grands principes susceptibles de sauvegarder la liberté de création artistique", a déclaré à l'AFP Olivier Morice, l'avocat du dramaturge.

"Selon toute vraisemblance, David Barclay fera appel", a de son côté indiqué à l'AFP Christophe Bigot l'avocat du milliardaire. "Ce n'est pas un procès de la censure (...) Un théâtre n'est pas une zone de non droit. David Barclay a des droits fondamentaux", avait-il plaidé lors de l'audience le 13 mai. David Barclay réclamait 100.000 euros.

"Les Deux frères et les lions" raconte "l'ascension sociale fulgurante" de deux frères jumeaux, jusqu'au jour "où le droit normand qui régit l'île devenue siège de leur empire vient menacer" celui-ci, selon la quatrième de couverture du "conte".

David Barclay reproche à la pièce notamment de raconter que les frères - dont le nom n'est jamais mentionné dans la pièce - ont voulu priver d'eau les enfants de l'école de Brecquou, minuscule île anglo-normande où les Barclay ont un château.

"Confrontation entre les écueils de l’ultralibéralisme et le bien commun", la pièce a été représentée plus de 300 fois, selon Me Morice.

David et Frederik Barclay détiennent notamment le grand quotidien britannique The Daily Telegraph et le Ritz de Londres. Avec 5,2 milliards de dollars (4,6 mds EUR), ils possèdent la 413e fortune mondiale, selon le magazine Forbes.

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