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Caleb Landry Jones, acteur sensible et figure du cinéma indépendant

Caleb Landry Jones, acteur sensible et figure du cinéma indépendant
Caleb Landry Jones prix du meilleur acteur pour son rôle dans "Nitram" au Festival de Cannes, le 17 juillet 2021Valery HACHE
 
 

Caleb Landry Jones, acteur sensible et musicien accompli, qui accède à 31 ans à la consécration avec un prix d'interprétation masculine, s'est déjà forgé une place à part dans le cinéma américain.

Dans "Nitram" de Justin Kurzem il incarne un jeune homme borderline qui s'apprête à commettre l'une des pires tueries de l'histoire de l'Australie.

Décrié dès sa préparation par les familles de victimes, qui voyaient dans le film une forme d'apologie à la turie de Port-Arthur en Tasmanie -- île au large de l'Australie -- en 1996, qui a fait 35 morts, Caleb Landry Jones, n'a pourtant pas hésité avant d'accepter d'incarner Martin Bryant, le tueur condamné à la perpétuité.

Né au Texas, Caleb Landry Jones fait ses débuts au cinéma à l'âge de 13 ans avec un petit rôle dans un film des frères Coen "Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme" (2007), qui a raflé 4 Oscar.

Depuis, il s’est imposé comme une valeur sûre du cinéma indépendant américain, en incarnant des seconds rôles marquants par leur ambivalence: junkie ultra-sensible dans "Heaven Know What" (2014) des frères Safdie, mâle toxique dans la troisième saison de Twin Peaks (2017) ou employé de station-service dans "The Dead Don’t Die", de Jim Jarmusch (2019).

Sa carrière prend un tournant majeur en 2017, lorsqu'il apparaît à l'affiche de trois films indépendants nommés aux Oscars : "The Florida Project" de Sean Baker, "Get out" de Jordan Peele, et "Three Billboards : Les panneaux de la colère", de Martin McDonagh.

- Visage à part -

"Je ne me suis pas dit +attention je vais avoir des problèmes si je fais ce film", a déclaré à l'AFP l'acteur, reconnaissable entre tous avec son visage juvénile, très pâle, constellé de tâches de rousseur et parfois parcouru de tics. "Au contraire j'étais très intéressé par le film parce qu'il parle d'un sujet dont personne ne veut parler".

"Nitram" offre une plongée dans la tête du tueur. "J'ai lu énormément de choses sur la période, écouté et regardé la TV australienne pour tenter de comprendre cette culture", ajoute-t-il, affable mais peu à l'aise en entretien.

"J'étais un fan avant de le connaître et je le suis encore plus aujourd'hui", déclare justin Kurzel, louant "sa façon très subtile et sensible" d'incarner les personnages, qu'"il habite vraiment".

Avec un scénario très bien ficelé et des acteurs d'une grande justesse, le film parvient à décrire de façon claire et précise la mécanique qui a engendré un traumatisme collectif.

C’est la troisième fois que le texan vient à Cannes. La première, c’était pour Antiviral, de Brandon Cronenberg (2012) la deuxième pour "Queen and Country", de John Boorman, deux ans plus tard.

Caleb Landry Jones mène aussi une carrière dans la musique, et a sorti un album solo, "The mother Stone", pendant la pandémie en 2020, un disque pop aux arrangements complexes sous influence Beatles, qui a reçu un bon accueil critique.

burs-adm/rh/bow


 




 

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