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Call-girls de Mme Claude: Guy Laroche nostalgique d'une époque

Call-girls de Mme Claude: Guy Laroche nostalgique d'une époque
Le directeur artistique de la maison Guy Laroche, Richard René à Paris le 26 septembre 2018Bertrand GUAY
Mode

Célébrer la prostitution de luxe à une époque "où on ne peut plus rien dire": c'est le choix étonnant de la maison Guy Laroche, qui consacre sa collection à la proxénète française Madame Claude et ses filles "libres".

Un anachronisme pour un défilé de mode à l'époque #metoo et au lendemain de perquisitions menées dans des agences de mannequins française dans le cadre de l'affaire Epstein?

Rien à voir, assure le directeur artistique de la maison Richard René, en rappelant que Guy Laroche avait habillé toutes les actrices du film "Madame Claude" sorti en 1977, consacré à la fameuse directrice d'un réseau huppé de call-girls qu'elle envoyait séduire de hauts dignitaires et chefs d’État.

"J'ai trouvé intéressant de faire un clin d’œil à tous ces garçons, ces filles qui travaillent de leur corps, qui sont souvent dénigrés et surtout parler d'une époque de liberté", a déclaré Richard René à l'AFP.

"Il ne faut pas mélanger les choses: #metoo c'est sur des gens qui sont contraints, c'est de l'agression sexuelle, ici ce sont des gens qui décident de vendre leur corps, c'est un libre choix", a-t-il poursuivi. "C'est pied de nez à l'époque dans laquelle on vit, où on ne peut plus rien dire, ni faire. Je trouve cela gênant".

Combinaisons blanches moulantes, longues robes fluides, vestes larges d'épaules d'un vestiaire puissant, bottes-sandales à talons vertigineux, œil charbonneux: cette collection rend hommage à ces filles "qui pour quelques billets de 500 francs ont contribué au lustre de la France", selon la note d'intention du défilé.

"Cela fait partie de l'histoire. Madame Claude a mis en offre ces filles dans le luxe, pas sur le trottoir. Il faut laisser aux gens la liberté de s'exprimer par eux-mêmes", a déclaré Richard René.

Des imprimés du logo Guy Laroche de l'époque sont omniprésents de même que ceux de billets de 500 francs sur un maillot de bain ou en total looks robes et bottes.

"Je trouvais ça drôle. Quand on avait 500 francs, on avait l'impression d'être riches", a raconté le créateur.

Le pianiste de jazz franco-israélien Yaron Herman, qui a fait une création musicale pour Guy Laroche, a joué pendant le défilé.

"C'est un challenge de mêler ma musique basée sur l'improvisation et le défilé, très minuté, presque militaire où il faut marcher avec un certain rythme, pas regarder là, pas sourire... C'était intéressant de trouver une musique qui met un peu d'âme, un peu d'émotion", a-t-il dit.

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