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Cannes: "Le Poirier sauvage", une lente chronique familiale en Anatolie

Cannes:
Le réalisateur turc Nuri Bilge Ceylan, le 19 mai 2018 à Cannes Laurent EMMANUEL

Avec "Le Poirier sauvage", dernier film montré en compétition à Cannes, le Turc Nuri Bilge Ceylan, Palme d'or en 2014 pour "Winter Sleep", signe une lente chronique familiale en Anatolie, dans le sillage d'un jeune homme à l'aube de sa vie d'adulte.

Ce film de plus de trois heures, le plus long de la compétition, raconte l'histoire de Sinan, aspirant écrivain qui vient de finir ses études. Il revient dans son village natal d'Anatolie, où il essaie de trouver l'argent nécessaire pour publier son livre, intitulé "Le Poirier sauvage". Sinan retrouve aussi son père, instituteur et joueur invétéré criblé de dettes, envers qui il se montre très critique, avant de lentement comprendre qu'il n'est pas si éloigné de lui.

Huitième long métrage de Nuri Bilge Ceylan, le film suit Sinan au sein de sa famille ou dans ses pérégrinations à travers les paysages de la Turquie profonde, de rendez-vous pour tenter de se faire publier en rencontres avec d'anciens amis ou en longues conversations philosophiques avec des intellectuels.

"Depuis longtemps, je voulais faire un film sur un jeune", a indiqué le réalisateur turc de 59 ans vendredi lors de la conférence de presse du film. "Peu à peu, nous nous sommes rendus compte que le personnage principal ne serait pas le père, mais le fils", a-t-il ajouté, soulignant que les personnages du film "cherchent à s'échapper de leur univers, qu'ils trouvent suffocant".

"Que nous le voulions ou non, nous ne pouvons nous empêcher d'hériter de certaines particularités de nos pères, comme d'un certain nombre de leurs faiblesses", indique-t-il dans sa note d'intention. "Le glissement inéluctable du destin d'un fils vers un destin similaire à celui de son père est raconté à travers une série d'expériences douloureuses".

Le Festival de Cannes a récompensé plusieurs fois Nuri Bilge Ceylan. Il a remporté le Grand prix à deux reprises, en 2003 pour "Uzak" et en 2011 pour "Il était une fois en Anatolie". Il a aussi reçu le Prix de la mise en scène en 2008 pour "Les Trois singes".

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