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Cinéma: Daniel Auteuil évoque avec humour les étapes de sa carrière

Cinéma: Daniel Auteuil évoque avec humour les étapes de sa carrière
Daniel Auteuil lundi 14 octobre 2019 au festival Lumière de Lyon JEFF PACHOUD

Daniel Auteuil a confié lundi lors d'une leçon de cinéma donnée au festival Lumière de Lyon "ne rien regretter" de son parcours d'acteur, dont il a évoqué les contours avec beaucoup humour, imitant même Robert De Niro devant des spectateurs hilares.

"Je n'ai jamais fait de choix de carrière. Je suis toujours allé sur les plateaux pour le plaisir, avec la même énergie et le même bonheur. Il n'y a aucun film que je regrette", a souligné l'acteur de 69 ans, confessant avoir aussi "beaucoup appris des mauvais films" qu'il a tournés.

"Au fond, ce qui a toujours dicté mes choix, c'est l'envie de séduire. Le plus beau des sentiments, dans ce métier, c'est de constater que des gens que vous adoubez vous considèrent comme un membre de la famille".

De sa naissance à Alger en 1950, où il a "baigné" dans les coulisses des théâtres où se produisaient ses parents, artistes lyriques, à son "admiration" pour la carrière d'acteur d'Yves Montand, "un type qui a quand même mis Marilyn Monroe dans ses bras", Daniel Auteuil a charmé son auditoire d'anecdotes, distillées avec malice.

Évoquant sa collaboration avec Claude Berri, l'acteur a raconté cette fois où, pour décrocher le rôle d'Ugolin, dans "Jean de Florette" (1986) aux côtés de Montand et Depardieu, il s'est rasé la tête après une remarque du réalisateur, qui le trouvait "trop beau" pour le rôle.

"Le désir de l'acteur provoque parfois celui du metteur en scène", a-t-il souligné devant les 350 spectateurs de la Comédie Odéon.

Daniel Auteuil a aussi décrit ses rencontres déterminantes avec Claude Sautet, qui lui a "appris la rigueur, la sincérité", mais aussi "construit une colonne vertébrale et donné la parole", à lui l'ancien "mutique", ou encore avec Maurice Pialat, pour lequel il n'a jamais tourné mais qui lui a "appris à regarder".

Le comédien est également revenu longuement sur le métier d'acteur, "épuisant dans ses temps d'attente", et sur son affection pour le théâtre, "une bulle" dans laquelle il aime régulièrement se réfugier "pour être peinard".

"La psychologie dans le jeu d'acteur, c'est quelque chose qui m'encombre. Le jeu, c'est une question d’énergie et d'émotion. J'aime laisser place à mon inconscient et me laisser surprendre", a-t-il encore souligné, rappelant avoir été refoulé trois fois du Conservatoire national supérieur d'art dramatique.

"Les rôles appartiennent à ceux qui les font", a martelé celui qui considère "Les sous-doués" (1980), de Claude Zidi, comme le film ayant contribué à inscrire son travail dans l'imaginaire de plusieurs générations de spectateurs.

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