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Dans la clairière de Rethondes, l'histoire du 11-Novembre "devient réalité"

histoire

Le 11 novembre 1918, elle avait été choisie pour son isolement et son calme. Un siècle plus tard, la clairière de Rethondes (Oise), où le généralissime des armées alliées Ferdinand Foch reçut la reddition allemande, accueille chaque jour des dizaines de visiteurs.

On y accède par une petite départementale qui traverse la forêt humide de hêtres et de chênes de Compiègne et mène à plusieurs villages voisins.

Se dresse alors d'un côté de la route le monument des Alsaciens-Lorrains, un aigle de grès rose, symbole de l'empire allemand, abattu par "l'épée de la Victoire". Face à lui, s'ouvre l'Allée triomphale qui débouche sur la clairière circulaire, inaugurée le 11 novembre 1922 par le président de la République Alexandre Millerand.

- "Impressionnant" -

"Ca a été créé artificiellement après la Première Guerre mondiale. A l'époque, c'était un épi de tirs : il y avait les quatre voies ferrées utilisées pour transporter les gros canons, cachés des Allemands par les arbres", précise Bernard Letemps, président de l'association du mémorial de la clairière.

La statue monumentale du maréchal Foch, installée en 1937, contemple de sa hauteur la "Dalle sacrée" posée au centre où l'on peut lire: "Ici le 11 novembre 1918, succomba le criminel orgueil de l'Empire allemand vaincu par les peuples libres qu'il prétendait asservir".

De part et d'autre affleurent une partie des deux voies de chemins de fer et les deux monuments matérialisant l'emplacement des wagons du Maréchal Foch et des plénipotentiaires allemands. Et depuis 2014, l'Alliance de la Paix d'un diamètre de 3,5 m sur laquelle est gravé le mot "paix" dans une cinquantaine de langues.

"Les livres d'histoire c'est intéressant, mais ici, c'est quelque chose d'autre, c'est impressionnant pour les élèves", explique à l'AFP Maximilian Balke, professeur allemand de français. "Nous sommes là pour apprendre l'histoire et les erreurs de l'histoire de notre pays, et des autres pays".

A l'instar de 70.000 personnes par an, il découvre avec une quarantaine de ses lycéens venus de Chemnitz, en Saxe, le musée qui abrite le vrai-faux wagon de Foch. Chaises, encriers, documents ont été redisposés dans ce wagon datant de 1914 et permettent de se représenter la scène qui mena à la signature du texte, au petit matin.

"Ici, je ressens un sentiment étrange, comme si l'histoire était plus proche de nous, quand on voit ce lieu, elle devient réalité", explique Olivia, l'une des élèves allemandes, âgée de 16 ans.

Le vrai wagon (une voiture-restaurant), où fut signé l'armistice du 11 novembre 1918 et celui du 22 juin 1940, en présence d'Adolf Hitler après la défaite française, a été emporté par les Allemands qui l'utiliseront à des fins de propagande. Il fut abandonné dans un vallon de Thuringe, au centre de l'Allemagne, où il a été probablement détruit à coups de grenades incendiaires, début avril 1945 sur l'ordre d'Hitler.

- Peau neuve pour le Centenaire -

Derrière le wagon, s'ouvrent trois pièces - dont la scénographie a été refaite cette année à l'occasion du Centenaire - et une flamme du souvenir.

Photos volées, coupures de presse, équipements de poilus, maquettes, films originaux : tout est traduit en français, anglais et allemand.

"Cette visite suscite encore plus ma curiosité", explique Mickael Evans, touriste californien, tout en lisant les explications sur la fin de ce conflit qui fit plus de 18 millions de morts et 20 millions de blessés. "Ce qui me frappe le plus, ce sont toutes ces tragédies".

"Il faut que les jeunes viennent ici, viennent voir les drames qu'il y a eu", réagit Yvette Guerchet, retraitée française vivant en région parisienne venue avec quelques amis... certes un peu déçus que la clairière, qui voit défiler quelque 100.000 personnes par an, soit encore en travaux.

Pour la cérémonie prévue le 10 novembre en présence d'Emmanuel Macron et de la chancelière allemande Angela Merkel, le sol ocre de la clairière a été consolidé, les arbres taillés et élagués, la pelouse posée, le tout pour 840.000 euros.

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