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Dans le Nord, le festival Les Nuits Secrètes cultive son originalité

Dans le Nord, le festival Les Nuits Secrètes cultive son originalité
La chanteuse Jaïn en concert aux Francofolies, le 14 juillet 2018 à La RochelleXAVIER LEOTY

Un festival installé en plein centre-ville, les mystérieux "Parcours secrets", des découvertes et des nouveautés: Les Nuits Secrètes, de vendredi à dimanche à Aulnoye-Aymeries (Nord), cultivent leur ADN.

Jaïn, Orelsan, Shaka Ponk, Petit Biscuit pour les plus célèbres, mais aussi Bagarre, Alt-J, Thérapie Taxi, Angèle et beaucoup d'autres fouleront les différentes scènes du festival, qui devrait attirer près de 40.000 spectateurs durant le week-end.

"Il faut surprendre chaque année. Les gens vont venir car il y a des choses particulières, un côté profusion avec la possibilité de voir beaucoup de monde et l'aspect découverte de nouveaux groupes est très important chez nous", souligne auprès de l'AFP Olivier Connan, directeur général, directeur artistique et responsable de la programmation.

Pour leur 17e édition, Les Nuits Secrètes vont encore enflammer durant trois jours la petite ville d'Aulnoye-Aymeries (environ 10.000 habitants), à une heure au sud de Lille.

"Notre territoire a beaucoup souffert de mutations économiques douloureuses et il y avait beaucoup de morosité. L'idée, c'était de rendre confiance à la population, et notamment les jeunes. Je voulais leur montrer qu'ici, on pouvait avoir et réaliser des rêves", explique à l'AFP Bernard Baudoux, le maire communiste qui a beaucoup oeuvré pour la création et le développement du festival.

"Ce qui caractérise +Les Nuits+, c'est l'audace, l'impertinence, la convivialité, la créativité, le côté improbable, exaltant. Et le secret bien sûr", énumère Olivier Connan.

Cette année encore, les organisateurs ont en effet concocté une vingtaine de "Parcours secrets", expérience inédite qui a fait la renommée du festival.

- "Un moment suspendu" -

"Le concept est simple, c'est le principe du train fantôme. Vous montez dans un bus aux vitres teintées et vous partez pour une aventure d'1h30 sans savoir ce que vous allez voir et où vous allez", raconte Olivier Connan, à l'origine de la création des Nuits Secrètes en 2002 et qui veille depuis à conserver l'esprit de l'évènement.

Concert de rock dans une église, performance a capella dans une vieille grange ou encore prestation en plein milieu d'un champ: "c'est un moment suspendu où on est une centaine dans un lieu convivial. Les artistes adorent car le rapport est inversé: ce n'est pas le public qui entre dans la salle et les attend, ce sont eux qui attendent que le bus arrive et ça change tout. C'est plus précieux", résume Olivier Connan.

La création de l'Eden, la deuxième scène du festival, dans une ancienne usine de fabrication de bombes, marque une nouveauté cette année. L'impressionnante structure de type Eiffel a été conservée et un toit en polycarbonate rouge y a même été installé au printemps.

"J'avais vu que la structure était belle et je voulais garder quelque chose de la mémoire industrielle de la ville, donc on l'a réhabilitée", déclare le maire.

Avec un budget d'environ deux millions d'euros, dont la moitié est issue des subventions des collectivités locales, le festival dispose a priori de fondations solides. Il espère attirer dans quelques années plus de 60.000 personnes.

"On a réussi à mettre le nom de la ville sur la carte, se félicite Bernard Baudoux. On parle désormais d'Aulnoye-Aymeries pour autre chose que son taux de chômage. C'est une grande fierté et c'est la plus belle des retombées."

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