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Debout sur le Zinc paye sa tournée avec Boris Vian

Debout sur le Zinc paye sa tournée avec Boris Vian
Le groupe "Debout Sur Le Zinc" sur scène aux Francofolies de La Rochelle le 11 juillet 2014 XAVIER LEOTY

2020 marquera le centenaire de la naissance de Boris Vian. Sans attendre, le groupe Debout sur le Zinc reprend ses textes aux "résonances très actuelles", se réjouit Françoise Canetti, dont le célèbre producteur de père poussa sur scène le touche-à-tout de génie.

Debout sur le Zinc (DSLZ), "ce sont six hommes qui ont choisi, entre autres, des chansons que Boris avait écrites pour des femmes", ce qui "me touche beaucoup", explique à l'AFP Françoise Canetti.

Comme "Ne vous mariez pas les filles", où la gent masculine déguste: "Quand ils sont beaux, ils sont idiots/Quand ils sont vieux, ils sont affreux/Quand ils sont grands, ils sont fainéants/Quand ils sont p'tits, ils sont méchants". Et le texte de Vian cingle, très punk: "Ne vous mariez pas les filles, ne vous mariez pas/Faites plutôt du cinéma, restez pucelles chez vot' papa".

Dans "J'te veux", cette fois, la femme "décide du moment et de l'instant", dissèque Françoise Canetti. Un ton très #Metoo. "Il y a des résonances particulières aujourd'hui, très actuelles", acquiesce-t-elle.

L'album "Vian par Debout sur le Zinc", sorti le 13 septembre sur le label Jacques Canetti (dont la fille est directrice) prend vie avec une tournée qui débute ce jeudi aux Trois Baudets à Paris avant de sillonner la France. Le sextet s'en donne à cœur joie dans son registre rock alternatif-jazz-chanson néo-réaliste.

- "Très grand, très pâle" -

DSLZ est chez lui sur scène. Contrairement à Vian. Que Françoise Canetti, enfant, a vu débuter dans les années 50 aux Trois Baudets, "seul sur scène, très grand, très pâle, tétanisé par le trac". "Mais il invente ce phrasé particulier, ce minimalisme, d'une modernité extraordinaire, repris par Gainsbourg, Daho...".

Vian était "un auteur-compositeur, pas un interprète, qui se rend compte que personne - ou presque - ne veut le chanter". Canetti père (décédé en 1997) le convainc alors de chanter. Vian saute le pas au nom d'une "alchimie amicale", comme le raconte Françoise Canetti.

"Ils se voient avec mon père la première fois dans un ascenseur à Pleyel. Vian sait qu'il a en face celui qui a fait venir Duke Ellington - le dieu de Vian - et mon père sait qu'en face c'est l'homme dont il lisait les critiques de jazz dans Combat. C'est un coup de foudre en cinq étages entre deux personnages, ils ne se quittent plus".

DSLZ entre dans la boucle sur un clin d’œil de l'histoire. "La première fois que je rencontre Simon Mimoun (chant, violon, trompette, guitare), après un spectacle, c'est en 2010, je suis devant le 20 rue de Clichy à Paris, là où il y avait l'Apollo, où mon père enregistrait les disques de Boris Vian aux Studios Philips", raconte Françoise Canetti.

- "Hymne à la vie" -

"Deux ans après, on se retrouve autour de l'Abécédaire de Vian, qu'ils ont chanté, poursuit-elle. Quand le centenaire (de sa naissance) arrive, je me dis que ce serait bien de les retrouver. +Si on faisait un disque?+. Ils disent oui".

Le groupe vient choisir les textes et "ils trouvent une enveloppe avec cette mention +musique à faire+". Naît l'album de 15 titres, "dont 3 inédits et 2 chansons avec des musiques nouvelles" dont "+Je voudrais pas crever+" où Vian crie "son amour de la vie", relate Françoise Canetti.

L'auteur éclectique savait qu'il était condamné par une insuffisance cardiaque. "Il avait dit à mon père, en 1954, qu'il ne vivrait pas au delà de 40 ans". Il est mort en 1959, d'une crise cardiaque, à 39 ans. D'où une créativité débordante. "Il ne perdait pas de temps, il était extrêmement organisé, il faisait énormément de choses sans jamais être pressé", se souvient Françoise Canetti.

"+Je voudrais pas crever+, c'est la chanson qui clôture le spectacle, c'est un hymne à la vie", conclut-elle.

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