En ce moment
 

Gaëtan Roussel, en solo mais pas tout seul

Gaëtan Roussel, en solo mais pas tout seul
Gaëtan Roussel en juillet 2016 aux Eurockéennes de BelfortSEBASTIEN BOZON

Même quand il revient en solo, Gaëtan Roussel, connu pour ses faits d'armes comme chanteur de rock chez Louise Attaque et pour ses multiples collaborations (Alain Bashung ou Vanessa Paradis en tête), n'est jamais vraiment seul.

Pour ce nouveau disque d'ADN pop, "Trafic", qu'il défendra sur scène à partir de novembre, le chanteur aux cheveux ras et à la voix éraillée s'est ainsi entouré de quelques multi-instrumentistes croisés à Los Angeles (le Suédois Jonas Myrin et l'Australien Justin Stanley), d'un réalisateur déjà aux manettes pour Julien Doré ou Miossec (Antoine Gaillet) et d'une invitée de gala pour un joli duo (Vanessa Paradis, encore elle).

"C'est toujours simple de travailler avec Vanessa (...). La chanson fonctionnerait si elle la chantait seule ou si je la chantais seul. Mais à deux, pour comparer la chanson à une pièce, je trouve qu'on voit vraiment le volume", explique à l'AFP le leader de Louise Attaque, au sujet de ce titre ("Tu me manques") avec l'ex-lolita de la chanson française, elle-même en passe de sortir un nouveau disque.

Pour ce fan absolu du duo entre Nick Cave et Kylie Minogue, c'est de nouveau l'occasion de mêler sa voix avec celle d'une femme. Comme il l'avait fait pour son premier album solo ("Ginger, 2010) avec la chanteuse américaine Renee Scroggins puis, sur la durée d'un disque, pour l'ensorcelant projet Lady Sir avec la comédienne Rachida Brakni.

Cette fois-ci, le point de départ de ces multiples rencontres qui font un album, même solo, fut un atelier d'écriture à Los Angeles. Quelques jours en studio à croiser le fer avec Jonas Myrin et Justin Stanley, lequel a déjà œuvré pour Eric Clapton ou Sheryl Crow.

- "Ligne claire" et mélodie -

"Parfois, dans ce type d'atelier, il y a des rencontres avortées, il faut l'accepter, c'est la loi du genre", souligne Gaëtan Roussel. "Mais parfois vous rencontrez quelqu'un de très différent de vous, de là peut naître quelque chose".

Comme ces notes de piano ouvrant le disque pour la chanson "Le jour et la nuit": "Jonas s'est mis au piano, il a joué quelques notes et tout de suite je me suis dit: +Oui, ce sera sur le disque, je suis sûr qu'on va aller vers où je souhaite aller+..."

Après un deuxième album solo un brin déstructuré, davantage consacré à explorer "matières" et sons ("Orpailleur", 2013), le prolifique auteur-compositeur de 45 ans voulait en effet "une ligne claire, des mélodies et des sujets un peu plus définis".

D'où ce "Trafic" plutôt léger et estival dans ses musiques, mais aux mots parfois plus sombres, évoquant la peur, l'addiction ou cette mélancolie quand la mémoire s'efface peu à peu, à travers l'histoire d'un fleuriste qui oublie peu à peu le nom des fleurs. Cette chanson, "Hope", prolonge un récit tiré de son propre recueil de nouvelles, paru l'an dernier, où il déclinait les façons, "plus ou moins légères, plus ou moins définitives", de se quitter ("Dire au revoir", Flammarion).

"Ce travail de nouvelles, je l'avais fait pour essayer de raconter des histoires, ce que je ne fais pas dans mes chansons, qui sont plutôt impressionnistes. Du coup, cette fois, je me suis dit que j'allais emmener un peu cette idée dans mes chansons", raconte celui dont la carrière a pris une autre dimension il y a dix ans grâce à la rencontre avec Alain Bashung. Bashung pour qui il avait écrit et produit plusieurs des chansons de "Bleu pétrole", dernier album du dandy rock.

"Ça m'a sorti d'un groupe, ça m'a éclairé sur comment on peut avancer et travailler autrement", souligne Gaëtan Roussel, éternel reconnaissant à Bashung, à qui il avait rendu hommage en 2013 aux Francofolies avec une relecture de son album culte "Play blessures".

Vos commentaires