En ce moment
 
 

Guadeloupe: la directrice générale du Mémorial ACTe démise de ses fonctions

Guadeloupe: la directrice générale du Mémorial ACTe démise de ses fonctions
Le Mémorial ACTe à Pointe-à-Pitre en Guadeloupe le 26 octobre 2019Helene VALENZUELA
 
 

Laurella Yssap-Rinçon, la directrice générale du Mémorial ACTe, le centre caribéen d'expressions et de mémoire de la traite et de l'esclavage en Guadeloupe, en poste depuis octobre 2019, a été démise de ses fonctions par le conseil d'administration de l'établissement.

"Il n'était pas possible de conserver l'intéressée dans ses fonctions de manière sereine, fructueuse et donc pérenne", a justifié Georges Brédent, le président du conseil d'administration, après l'officialisation de la décision, prise le 20 juillet, par communiqué lundi.

Dans un premier temps, Mme Yssap-Rinçon avait été suspendue de ses fonctions à titre conservatoire le 23 mars dernier à la suite de tensions avec certains membres du personnel et avec le conseil d'administration de cet établissement public de coopération culturelle (EPCC).

Ce dernier lui reprochait de ne pas l'avoir consulté avant des changements dans la programmation, le déplacement de certaines œuvres et la convocation de réunions.

Pour ce qui est des relations avec les salariés, le CA s'appuie sur un rapport de l'inspection du travail qui avait pointé des "souffrances" et "risques psychosociaux" dans la gestion de la direction générale, selon l'instance.

Par ailleurs, en février, des notes de taxi à hauteur de 5.800 euros pour les frais de transport de la directrice générale avaient été relevées dans les médias locaux, à la suite de la plainte d'une entreprise pour des retards de paiement de l'EPCC.

"Il n'y a pas d'affaire des taxis. C'est dans mon contrat et c'est une proposition qui m'a été faite", avait justifié Laurella Yssap-Rinçon, qui avait bénéficié de cette offre de transport, car elle n'était pas titulaire du permis de conduire.

La directrice générale avait reçu le soutien d'une cinquantaine de représentants du monde culturel guadeloupéen, signataires d'une lettre ouverte fin avril pour dénoncer un "lynchage pour se débarrasser d'une Guadeloupéenne […] qui a placé les artistes guadeloupéens et tout particulièrement ceux des arts visuels, au cœur de son projet pour le MACTe". Ils accusaient les élus locaux de vouloir reprendre la main sur l'EPCC à travers cette suspension.

Une direction par intérim a été nommée au Mémorial ACTe depuis la suspension de Laurella Yssap-Rinçon fin mars et va poursuivre sa mission jusqu'à la nomination de son successeur. Le centre est actuellement fermé en raison d'un droit de retrait de plusieurs agents réclamant un protocole sanitaire et la mise en conformité des locaux.


 




 

Vos commentaires