Héritage Hallyday: possible report du premier round judiciaire à Nanterre

Le premier round judiciaire sur l'héritage de Johnny Hallyday pourrait être reporté: David Hallyday et Laura Smet devaient réclamer jeudi au tribunal de Nanterre un droit de regard sur l'album posthume de leur père ainsi que le gel de son patrimoine, mais le fils du rockeur a demandé le renvoi de l'audience.

"Cette demande est en effet motivée par les nombreux développements et pièces communiquées auxquels nous allons devoir répondre", a précisé Me Carine Piccio. Les conseils de David Hallyday souhaitent prendre le temps d'étudier ces nouvelles pièces, "dans un souci de bonne administration de la justice".

Depuis plusieurs semaines, la guerre est officiellement ouverte entre les deux aînés de la star et sa veuve Laeticia, devenue l'unique bénéficiaire de l'ensemble du patrimoine et des droits d'auteurs de la légende du rock français, décédée le 6 décembre à l'âge de 74 ans.

L'image de la famille unie renvoyée le 9 décembre lors des funérailles de "Johnny" sur le parvis de l'église de la Madeleine à Paris n'est, trois mois plus tard, qu'un lointain souvenir. Aucun de ses membres ne devrait être présent au tribunal, selon leurs avocats respectifs.

C'est Laura Smet qui a lancé l'offensive judiciaire le 12 février. "J'ai choisi de me battre", confiait alors la fille de Nathalie Baye dans un courrier à l'AFP, rejoint dans sa démarche par son demi-frère David, fils de Sylvie Vartan.

Les deux aînés ont déposé un recours sur le fond devant la justice française pour contester les modalités de succession de leur père, rédigées en Californie. Ils estiment que son testament les "déshérite", ce qui est interdit en droit français, et demandent "que la succession soit soumise aux règles de dévolution légales" en France. Aucune date n'a pour l'instant été fixée pour l'examen de ce volet de l'affaire, qui pourrait prendre des mois, voire des années.

En attendant, Laura Smet et David Hallyday ont saisi en référé (procédure d'urgence) le tribunal de grande instance de Nanterre pour qu'il se prononce sur un projet d'album posthume de leur père dont la sortie était prévue courant 2018.

"La vertu de cette procédure est qu'elle a permis de faire sortir de l'ombre des testaments qui ont montré une captation progressive de l'héritage par les Boudou (la famille de Laeticia Hallyday, NDLR), a déclaré à l'AFP l'avocat de Laura Smet, Pierre-Olivier Sur.

Il a également évoqué, sans dire qui était à sa tête, l'existence aux Etats-Unis d'un "trust réunissant tous les actifs" du chanteur.

Dans leur assignation, les deux aînés Hallyday donnent à Laeticia "un délai de 48 heures" pour accéder à cette demande et réclament une "astreinte de 10.000 euros par jour de retard" en cas de non-respect de leur souhait.

L'ancienne "idole des jeunes" a travaillé une grande partie de l'année 2017 à ce 51e album studio, inachevé, pour lequel une dizaine de chansons ont été enregistrées.

- Donations -

Laura Smet, 34 ans, souhaite avoir un droit de regard sur l'album. Une demande à laquelle Laeticia Hallyday a "sèchement opposé une fin de non-recevoir", a affirmé son avocat Emmanuel Ravanas.

Les deux aînés Hallyday demandent également, par le biais de cette procédure, des "mesures conservatoires" sur les biens immobiliers et "la mise sous séquestre" des "redevances perçues au titre des droits d'auteur" de l'artiste, dans l'attente que la justice tranche le litige sur l'héritage.

Johnny Hallyday possédait deux villas à Los Angeles et Saint-Barthélemy ainsi qu'une autre à Marnes-la-Coquette (Hauts-de-Seine) détenue par une SCI dont il était actionnaire avec sa dernière épouse et leurs deux filles, Jade et Joy. Chacune de ces demeures est estimée entre 10 et 15 millions d'euros. Johnny disposait également des droits sur quelque 1.160 chansons.

Laeticia Hallyday s'est de son côté peu exprimée depuis le début de l'affaire. Réagissant quelques heures après la lettre de Laura Smet, elle avait fait part de son "écœurement" avant de disparaître des réseaux sociaux dont elle est adepte.

Le 1er mars, elle avait indiqué dans un communiqué que son mari avait "pris toutes les décisions concernant sa succession avec toutes ses facultés mentales et son libre-arbitre".

Me Ardavan Amir-Aslani, son avocat, a également assuré que Johnny avait "fait le nécessaire de son vivant pour mettre ses enfants majeurs à l'abri du besoin", via des donations.

Laura Smet a notamment bénéficié de deux donations lui permettant d'acheter un appartement dans le VIe arrondissement de Paris. David aurait, lui, reçu la moitié d'une villa du XVIe arrondissement de Paris appartenant à ses parents.

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