Kirina, opéra d'un nouveau genre, composé par Rokia Traoré

Kirina, opéra d'un nouveau genre, composé par Rokia Traoré
Répétitions de "Kirina" le 28 juin 2018 à MarseilleBoris HORVAT
danse

Une partition intense de Rokia Traoré, référence de la musique malienne, et une chorégraphie sans répit du Belgo-burkinabé Serge Aimé Coulibaly : l'opéra contemporain "Kirina", présenté ce week-end à Marseille, évoque en 90 minutes l'errance, la lutte et l'espoir.

Donné en première mondiale au Festival de Marseille, "Kirina" sera en tournée, de la triennale de la Ruhr en août jusqu'à Chalon-sur-Saône en novembre et Garges-lès-Gonnesses en février 2019, en passant par deux dates à Ouagadougou.

Sur scène, neuf danseurs, six musiciens, un parolier et quarante figurants interprètent cet opéra contemporain inspiré de l'histoire de la bataille de Kirina, fondatrice de l'Empire du Mali au XIIIe siècle.

Geste ultra-saccadés, mouvements d'ensemble, chants profonds et rythmes électriques: le spectateur est emporté dans cette fresque souvent allusive, devant un plateau plongé dans une lumière rougeoyante. Le spectacle a été chaudement applaudi pour sa première, vendredi.

Créé à Bobo-Dioulasso au Burkina-Faso, à Bamako et à Bruxelles, "Kirina" se veut une "épopée contemporaine puisant aux sources de l'Histoire et de la fiction".

Le spectacle est porté par la musique écrite par Rokia Traoré, "à la fois forte, ancrée sur le territoire et ouverte", explique à l'AFP le chorégraphe chorégraphe Serge Aimé Coulibaly, 46 ans.

Outre la direction musicale de "Kirina", la musicienne multicarte s'essaie à l'opéra cet été au Festival d'Aix-en-Provence, où elle interprètera le prologue d'un Didon et Enée.

Marqué par sa découverte "boulimique", en vidéo, des classiques de l'opéra à son arrivée en Europe, Serge Aimé Coulibaly espère léguer en retour au répertoire, avec "Kirina", une pièce africaine qui "ouvre une fenêtre sur la grande histoire des migrations humaines".

"On rêve que d'autres troupes partagent cette histoire humaine", explique le chorégraphe, très remarqué à Avignon l'an dernier avec "Kalakuta Republik". Qui rêve, pourquoi pas, que "Kirina" soit un jour donné dans un grand opéra d'Europe.

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