En ce moment
 

L'humoriste et chansonnier Patrick Font est mort

L'humoriste et chansonnier Patrick Font est mort
Photo prise le 1er avril 1996 à Toulouse, lors du 8e festival du rire, de l'humoriste et chansonnier Patrick FontJEAN-PIERRE MULLER

L'humoriste et chansonnier Patrick Font est mort vendredi matin à l'âge de 77 ans à l'hôpital de Chambéry, des suites d'une longue maladie du foie, a-t-on appris auprès de deux de ses amis et hommes de théâtre, Daniel Gros et Jacques Mailhot.

Patrick Font s'était fait connaître en formant un duo avec Philippe Val de 1970 à 1995, et avait été chroniqueur pour Charlie Hebdo ou l'émission de radio "Rien à cirer" sur France Inter. Il avait ensuite vu sa carrière stoppée par une condamnation pour attouchements sur mineurs et quatre années de prison (1996-2000).

"Hier soir j'étais encore avec lui, on sentait que c'était la fin. On aura failli fêter nos 40 ans de +mariage+, dont 30 ans de scène", a déclaré à l'AFP Daniel Gros, joint par téléphone dans son domicile savoyard.

"Je ne défendrai jamais ce qui a été fait" (la pédophilie, NDLR) "mais c'était un frangin", a ajouté cet ami, resté "fidèle malgré les avatars de la vie, son procès et son incarcération", à Aiton en Savoie.

Il souhaite "sans trop embêter ceux qui sont déjà là-haut, qu'il les fasse bien marrer", pensant notamment à Cabu, assassiné lors de l'attentat contre Charlie Hebdo en janvier 2015, qui appelait "toutes les semaines pendant son incarcération".

L'affaire avait débuté en 1996, après la plainte des parents de dix fillettes et d'un garçon, âgés de dix à quinze ans, qui dénonçaient des attouchements sexuels perpétrés entre 1992 et 1996 dans le cadre de l'école de spectacles "Marie Pantalon", que Patrick Font dirigeait aux Villars-sur-Thônes (Haute-Savoie).

Le procès en correctionnelle à Annecy en mars 1998, où le chansonnier comparaissait détenu après 19 mois de détention provisoire, s'était déroulé dans une salle bondée de journalistes. L'ancien instituteur, soixante-huitard et apôtre de la fin des interdits, avait été condamné à six ans de prison ferme.

Après cela, rares sont ceux qui ont continué à le fréquenter. Sans famille ou presque - il n'avait plus de contact avec sa sœur -, sans compagne et sans enfant, Patrick Font a remonté la pente entouré de quelques amis qui l'ont poussé à monter de nouveau sur scène. En petit comité, dans les montagnes, a raconté Daniel Gros.

Puis à Paris, grâce à Jacques Mailhot, directeur du Théâtre des 2 Ânes qui l'a fait venir en 2007 et 2008, puis une dernière fois en 2015. "Il a fait beaucoup évoluer l'art chansonnier. C'était un formidable parolier, à la fois cinglant et poétique", a-t-il témoigné à l'AFP.

Le Coq des Bruyères, hebdomadaire satirique, athée, laïc et libertaire, a exprimé sur Twitter son "chagrin" après la mort de son "fantaisiste" et fondateur.

L'humoriste Didier Porte a salué sur le réseau social "un très grand humoriste, la star d'une émission culte de France Inter, +Rien à cirer+ présentée par Laurent Ruquier, et un camarade généreux".

"Ne l'oublions pas", conclut-il, dans une journée où se succèdent les décès de Jacques Higelin, Véronique Colucci, ex-femme de Coluche, ou de Franck Bauer, dernière voix de Radio Londres.

"Jour de merde pour la chanson: Patrick Font et Higelin se sont envolés", a relevé Eric Mie, compositeur et dessinateur. "Les anges vont pas se faire chier avec ces deux-là...", a renchéri Christophe Sibille, ex-pianiste du duo Font et Val.

Vos commentaires