La rémunération des auteurs laisse encore à désirer

La rémunération des auteurs laisse encore à désirer
Les allées du salon du livre de Paris à la Porte de Versailles, le 16 mars 2016JOEL SAGET

Quelque 44% des auteurs de livres estiment que leur situation matérielle s'est détériorée au cours des deux dernières années, selon une étude publiée lundi avant l'ouverture du Salon du Livre de Paris vendredi.

Cette étude, "baromètre des relations auteurs/éditeurs", réalisée par la Scam (Société civile des auteurs multimédia) et la SGDL (Société des gens de lettres) auprès de 1.200 auteurs, confirme que la situation des auteurs n'est pas reluisante et que peu d'entre eux arrivent à vivre de leur plume.

L'an dernier déjà, le "Guide des auteurs de livres" pointait que 90% des auteurs percevaient des droits d'auteur inférieurs au Smic.

Selon l'étude Scam/SGDL, baptisée "un monde perfectible", 48% des auteurs jugent que leur situation matérielle s'est maintenue au cours des deux dernières années et seulement 8% estiment qu'elle s'est améliorée. "C'est une tendance lourde qui était déjà présente lors des derniers baromètres", rappelle l'étude.

Une des conséquences des faibles revenus générés par leur activité littéraire est que les deux tiers des auteurs (65%) exercent parallèlement un autre métier pour subvenir à leurs besoins. En fait, souligne l'étude, les revenus issus directement (ventes de livres) ou indirectement (lectures...) de l'activité d'auteur représentent plus des trois quarts des revenus pour seulement 21% des auteurs.

L'étude dévoile également qu'un quart des auteurs ne perçoivent aucun à-valoir pour leur livre.

L'à-valoir est inférieur à 1.500 euros pour 34% des auteurs et se situe entre 1.500 et 3.000 euros pour 36,7% des auteurs ayant participé à l'étude. Seuls 14,4% touchent entre 3.000 et 5.000 euros et 14,9%, davantage.

Concernant les droits d'auteur, le taux de rémunération moyen revenant à l'auteur s'élève à 7,2% du prix du livre. Concernant l'exploitation numérique, le taux moyen s'élève à 11,1%.

Des inégalités criantes existent entre les différents secteurs du livre, les auteurs les plus mal lotis étant les auteurs du secteur Jeunesse moins bien rémunérés que leurs collègues des catégories Romans, Documents et essais et BD.

Les auteurs se plaignent également de leurs relations avec leurs éditeurs. 29,2% d'entre eux affirment ainsi avoir "des relations non satisfaisantes, voire conflictuelles" avec certains ou la majorité de leurs éditeurs et 8% avec tous leurs éditeurs. Parmi les griefs des auteurs à l'encontre de leurs éditeurs: le manque d'information sur les ventes de leurs livres ou la mise au pilon de leurs ouvrages sans qu'ils en soient prévenus.

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