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Le boulevard, valeur sûre du théâtre parisien

Le boulevard, valeur sûre du théâtre parisien
Le théâtre de la Gaité Montparnasse, le 20 janvier 2011 à ParisLOIC VENANCE

Michèle Laroque et François Berléand couple à la vie à la mort, Pierre Arditi et Michel Leeb en faux amis, Nicolas Briançon ressuscitant "Le Canard à l'Orange": comédies et vaudevilles, toujours plus nombreux, dominent les billetteries en ligne.

Avec une vingtaine de pièces à l'affiche, en force cette saison et avec des comédiens de renom dont Dany Boon, Gad Elmaleh, Isabelle Carré, Bernard Campan et aussi Michel Sardou en septembre, ce genre théâtral de pur divertissement parfois dénigré, demeure une valeur sûre des théâtres privés et des tournées.

Créée en 2016 avec tous les codes du boulevard, "Edmond" de Alexis Michalik, pièce récompensée par cinq Molières sur les coulisses loufoques de la première de Cyrano de Bergerac, ne désemplit pas au Théâtre du Palais-Royal (plus de 900 représentations dont 220 en tournée).

"Comme dans toute période un peu compliquée, les gens se tournent vers les divertissements pour passer à autre chose le temps d'un spectacle", estime à l'AFP Nicolas Briançon qui porte l'un des grands succès de la saison.

Sur la scène du théâtre de la Michodière, haut-lieu parisien du boulevard, ce comédien et metteur en scène qui passe allègrement de Shakespeare au vaudeville, remonte "Le Canard à l'Orange", pièce légendaire de William Douglas Home.

Jean Poiret l'a créée en France en 1979 dans le rôle du mari à la fois volage et cocu qui, un beau jour, invite en week-end sa maîtresse et l'amant de son épouse dans le but secret de reconquérir cette dernière.

Aux côtés de Anne Charrier et de François Vincentelli, Nicolas Briançon succède à Jean Poiret, livrant le même jeu survolté et jubilatoire "comme un hommage" rendu au comédien disparu, l'un des rois légendaires du boulevard français.

- "Le vaudeville, originalité française" -

"Quand une pièce de boulevard est bien écrite, ce genre est absolument merveilleux", note l'acteur.

"Patrice Chéreau disait que le boulevard est la seule histoire réelle de théâtre en France. La vraie originalité française, c'est en effet le vaudeville!", observe encore Nicolas Briançon pour qui "Le Canard à l'orange" est un chef-d'oeuvre du genre.

Au Théâtre Edouard VII, Michèle Laroque et François Berléand sont à l'affiche d'une comédie inédite, "Encore un instant". A la fois drôle et émouvante, cette pièce de Fabrice Roger-Lacan met en scène une actrice célèbre, son époux pygmalion, un jeune voisin et un auteur qui rêve de lui faire jouer ses textes.

Au Théâtre des Nouveautés, Pierre Arditi et Michel Leeb sont réunis pour la première fois dans "Compromis", une création de Philippe Claudel. Irrésistible tout en étant mordant, ce boulevard intimiste interroge avec finesse les limites de l'amitié.

Sur la scène du Théâtre de la Renaissance, Isabelle Carré et Bernard Campan invitent à une "Dégustation" très spéciale. Ecrite sur mesure pour le duo, cette comédie aux accents romantiques de Ivan Calbérac met en scène un couple improbable réuni par un jeune délinquant.

"Sur les 500 spectacles tous les soirs à Paris, beaucoup jouent la carte de l'humour et tirent leur épingle du jeu, malgré la crise des gilets jaunes qui a freiné les réservations le week-end", souligne Louis-Michel Colla, auteur et directeur du Théâtre de la Gaité-Montparnasse.

Cette scène propose "Le Crédit", comédie espagnole à succès montée pour la première fois en France avec un autre duo gagnant, Didier Bénureau et Daniel Russo.

"Quand les gens décident de s'offrir une sortie au théâtre, la plupart veulent rire et n'ont pas envie d'un sombre drame. C'est une réalité", observe le dramaturge aux commandes aussi du Théâtre des Mathurins.

Molière 2014 de la meilleure comédie, "Dernier coup de ciseaux", pièce interactive, y triomphe depuis huit saisons sans tête d'affiche.

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