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Le film "Une intime conviction" maintenu en salles

Le film
Un des dossiers de la défense, le 15 mars 2010, dans la salle d'audience de la Cour d'assises du Tarn avant le début de la deuxième semaine du procès en appel de Jacques Viguier, qui a été acquitté dERIC CABANIS

Le film "Une intime conviction", consacré à l'affaire Suzanne Viguier, ne va pas être retiré des salles comme le demandait l'ancien amant de cette professeure de danse disparue mystérieusement en 2000, selon une décision rendue vendredi.

Olivier Durandet avait assigné en justice le distributeur et le producteur du film d'Antoine Raimbault, sorti le 6 février, pour obtenir son interdiction "sur le fondement d'une atteinte à la vie privée par la reproduction des conversations téléphoniques intimes".

Mais l'ordonnance rendue par le tribunal de grande instance de Paris a débouté M. Durandet de toutes ses demandes, "en l’absence d’atteinte à la vie privée, les faits traités étant notoires".

Suzanne Viguier avait disparu le 27 février 2000 à Toulouse, à l'âge de 38 ans. Son amant Olivier Durandet est le dernier à l'avoir vue, vers 04H30, quand il l'a raccompagnée au domicile conjugal.

Le mari de Suzanne Viguier, Jacques Viguier, professeur de droit à l'université, a été acquitté deux fois du meurtre de sa femme: en avril 2009, puis en appel en mars 2010.

"Une intime conviction" revient sur cette affaire criminelle, en se consacrant au procès en appel de Jacques Viguier.

Le cinéaste, qui a conservé les noms des protagonistes de l'affaire, invente un personnage fictif, celui de Nora (Marina Foïs), persuadée de l'innocence de Jacques Viguier. Elle réussit à convaincre l'avocat Eric Dupond-Moretti (incarné par Olivier Gourmet) de le défendre, et va ensuite l'aider.

Le film retranscrit notamment une partie des vraies écoutes téléphoniques réalisées pendant l'enquête.

"C'est une déception", a réagi Mr Emmanuel Tricoire, avocat d'Olivier Durandet, à la suite de l'ordonnance.

"C'est inquiétant car on applique aux oeuvres fictives les mêmes règles qui s'appliquent aux enquêtes journalistiques", a-t-il affirmé à l'AFP.

"Mais alors que les journalistes ont le devoir d'informer et de recueillir le point de vue de tous, la fiction est totalement subjective et revendique un parti pris, sans que l’on donne la parole ou que l’on recueille le point de vue de ceux qu’on expose au regard du public", ajoute encore l'avocat.

Il a précisé qu'à aucun moment le réalisateur n'a été en contact avec M. Durandet.

Selon l'avocat, les écoutes téléphoniques ont certes en partie été révélées lors des auditions mais n'étaient pas connues du grand public, réaffirmant qu"il s'agissait d'une "violation de l'intimité" de son client.

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