Les "beautés de Louis XIV" passent l'été en Côte-d'Or

Si elles se montrent d'ordinaire discrètes à Versailles, princesses royales et grandes dames ont quitté la cour cet été pour se montrer au château de Bussy-Rabutin, en Côte-d'Or, où se trouve exposée une "galerie des beautés" de Louis XIV.

Ces douze tableaux sont d'ordinaire "placés très haut dans les salles" du château de Versailles, impossibles à admirer de près comme c'est le cas cet été, indique Raphaël Masson, commissaire de l'exposition et conservateur en chef au musée national des châteaux de Versailles et de Trianon.

"Louis XIV a pendant un moment collectionné les portraits des dames de la cour et en a commandé aux cousins Charles et Henri Beaubrun", deux portraitistes réputés issus d'une dynastie d'artistes qui peignaient toujours "à quatre mains", raconte le commissaire.

Certains des tableaux exposés, réalisés autour de 1665, leur sont attribués avec certitude et les autres "relèvent indéniablement d'un style Beaubrun", poursuit-il.

Françoise de Rochechouart, qui deviendra marquise de Montespan, Elisabeth d'Orléans, duchesse de Guise, ou encore Henriette d'Angleterre, duchesse d'Orléans: toutes faisaient partie de la haute noblesse de cour ou de la famille royale.

Sur ces portraits de trois quarts, ces femmes à la peau laiteuse arborent de riches parures et la coiffure "à la garcette", une fine frange bouclée, alors à la dernière mode.

Mais derrière leurs poses sages et leurs titres prestigieux, se cachent les secrets, les intrigues et les jalousies de la cour. "Certaines ont été maîtresses passagères du souverain ou ont eu cette réputation", relate M. Masson.

Née en Italie à la fin du XVe siècle, la mode des "galeries de beautés" gagne la France aux alentours de 1660, même si Louis XIV ne fera jamais à Versailles de galerie dédiée.

Les modes passent et les portraits de ces dames disparaîtront des appartements royaux dès les années 1670.

Ils sont exposés jusqu'au 14 octobre dans ce château de style Renaissance qui fut la propriété du comte Roger de Bussy-Rabutin (1618-1693), militaire, écrivain et pamphlétaire mis à l'écart par Louis XIV pour ses écrits décrivant les frasques de la cour.

Il décora les lieux d'environ 500 portraits aux commentaires parfois caustiques des membres les plus importants de la cour, mais aussi de militaires ou de ses propres ancêtres. "L'idée était de faire dialoguer cette collection toujours en place avec une collection de Versailles", explique M. Masson.

Classé monument historique depuis 1862, le château fait aujourd'hui partie des 18 monuments en péril aidés en priorité par le loto du patrimoine, projet porté par l'animateur Stéphane Bern.

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