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Les personnages clés de la libération de Paris

Le général Leclerc, Rol-Tanguy, Chaban, de Gaulle ont tenu un rôle central en août 1944 dans la Libération de Paris, qu'Hitler aura ordonné en vain au général von Choltitz de transformer en "champ de ruines".

- Rol-Tanguy, le déclencheur de l'insurrection -

De son vrai nom Georges Tanguy (Rol est son pseudonyme dans la Résistance, en hommage à un camarade mort au combat) cet ancien ouvrier métallurgiste, né en 1908 et membre du PCF dès l'âge de 17 ans, s'est engagé dans les Brigades internationales en Espagne en 1937.

Résistant de la première heure, devenu en juin 1944 chef des Forces françaises de l'intérieur (FFI) d'Ile-de-France, il joue un rôle déterminant dans la libération de la capitale, qu'il coordonne depuis son poste de commandement souterrain place Denfert-Rochereau.

C'est lui qui, le 18 août, décrète la mobilisation générale.

L'appel de Rol-Tanguy, qui donne le signal d'une semaine de combats de rues avant l'arrivée des chars de Leclerc, contredit les consignes en haut lieu de freiner l'impatience des Parisiens et de laisser faire les Alliés. L'histoire lui donnera raison.

- Jacques Chaban-Delmas : "un général galopant" -

Né à Paris en 1915, celui qui ne s'appelle pas encore Chaban - un nom de guerre emprunté à un village de Dordogne - s'est engagé dans la Résistance dès décembre 1940.

En juin 1944, il est chargé d'assurer la liaison entre l'état-major du général Koenig à Londres et la Résistance française. Cette responsabilité lui vaut, à 29 ans, le grade de général de brigade. "J'étais un général galopant qui sillonnait la ville au pas de course", écrira-t-il.

Rentré de Londres porteur de consignes précises, Chaban tente de convaincre Rol-Tanguy de la nécessité d'une "trêve" jusqu'à l'arrivée des Alliés, afin d'éviter une hécatombe et limiter la destruction de la ville. En vain.

Chaban reconnaîtra volontiers par la suite que les consignes de Koenig ne correspondaient pas à une vue réaliste de la situation.

Le 25 août, c'est la première rencontre avec le général de Gaulle qui, étonné de voir un "gamin" devenu général, s'attendrit et lui dit: "c'est bien, Chaban".

- Leclerc, le libérateur de Paris -

Parti le 6 août de Normandie à la tête de la 2ème Division blindée, le général Leclerc, de son vrai nom Philippe François Marie de Hauteclocque, ne reçoit que le 22 l'autorisation du haut-commandement allié de marcher sur Paris.

Le 24, l'avant-garde de la 2ème DB fait sauter les verrous qui bloquaient l'accès à la capitale. Le lendemain, Leclerc, âgé de 41 ans et déjà héros d'une fulgurante chevauchée en Afrique, est accueilli en libérateur par les Parisiens.

A 9H43 "il est passé porte d'Orléans, debout dans une Jeep, sa célèbre canne à la main, acclamé par la foule", écrit ce jour-là l'AFP. "C'est lui qui prend la conduite des opérations dans Paris, c'est sous ses ordres que les FFI continuent à se battre".

- Von Choltitz: Paris ne sera pas détruit -

Dietrich von Choltitz, né en 1894 en Haute-Silésie (sud de la Pologne) dans une famille d'officiers, a tenu entre ses mains le destin de Paris du 7 au 25 août 1944 en tant que commandant de la garnison allemande du "Gross Paris".

Neuf fois, Hitler lui a donné l'ordre de détruire la Ville lumière. Pourquoi l'homme qui a détruit Rotterdam et écrasé d'obus Sébastopol a-t-il refusé d'obéir ? "Je me trouvais en face d'un fou", dira-t-il à propos du Fürher. Le consul général de Suède Raoul Nordling l'aura aussi beaucoup influencé, selon les historiens.

Le 25 août, le général von Choltitz passe pour la dernière fois la porte de l'hôtel Meurice, son quartier général. Leclerc et Rol-Tanguy vont recevoir sa reddition. Paris est libéré.

- De Gaulle: le retour tant attendu -

Le 25 août au matin, après quatre ans d'exil, de Gaulle entre à Paris par la porte d'Orléans à bord d'une Hotchkiss noire, "étreint par l'émotion et rempli de sérénité", dira-t-il.

Il gagne la gare Montparnasse où Leclerc a fait signer à von Choltitz les ordres de cessez-le-feu suivants la reddition.

A l'Hôtel de ville, il adresse à la foule un "Paris! Paris outragé! Paris brisé! Paris martyrisé! mais Paris libéré! Libéré par lui-même" resté célèbre.

Le lendemain, de Gaulle, alors âgé de 53 ans, descend les Champs-Elysées sous les acclamations, accompagné du général Leclerc. "Un sacre", écrira son biographe.

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