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Lyon célèbre "son" architecte, Tony Garnier, né il y a 150 ans

Lyon célèbre avec faste les 150 ans de Tony Garnier, architecte visionnaire, précurseur de l'urbanisme moderne, auquel sa ville natale doit le stade de Gerland, un hôpital, une halle qui porte aujourd'hui son nom ou encore des habitats collectifs.

Des conférences, des visites, plusieurs expositions, dont l'une, très riche, aux Archives municipales de Lyon jusqu'au 21 mars ou celle du Fort de Vaise à partir du 30 novembre, sont consacrées à cet architecte qui a contribué à moderniser Lyon au début du XXe siècle.

A l'exception de l'Hôtel de Ville de Boulogne-Billancourt, construit dans les années 30 à la demande du maire André Morizet, ses réalisations resteront lyonnaises.

Fils de canut, né sur les pentes de la Croix Rousse le 13 août 1869, Tony Garnier est considéré comme le premier architecte à penser la ville dans sa globalité. Ses grands principes, comme l'idée de cités-jardins, ont influencé l'urbanisme contemporain.

"Tony Garnier n'hésitait pas à bouleverser la ville, à faire bouger Lyon. Et Édouard Herriot voulait une ville moderne", relevait à propos de son lointain prédécesseur le maire de Lyon Gérard Collomb lors de la visite de l'exposition des Archives, intitulée justement "Le Maire et l'Architecte".

Aucune des réalisations lyonnaises de Tony Garnier n'est à ce jour classée aux Monuments historiques, sauf une partie de l'hôpital Édouard Herriot. Et certains s'inquiètent du devenir de ce patrimoine, mal protégé à leurs yeux.

"Nous sommes tout à fait d'accord d'inclure le patrimoine de Tony Garnier dans nos réflexions. Il faut garder des signes du passé, les utiliser, les réutiliser, mais aussi que la ville évolue", a estimé M. Collomb, si fier de la rénovation du Grand Hôtel-Dieu... que Tony Garnier envisageait lui de détruire.

- Utopies -

Après des études à l’École des Beaux-Arts de Lyon, l'architecte part à Paris, obtient plusieurs récompenses et tente six fois le concours du Grand Prix de Rome, obtenu finalement à l'orée du XXe siècle. Il restera quatre ans à la Villa Médicis, jusqu'en 1904.

Au lieu d'étudier l'art antique comme il se doit, ce grand admirateur de Zola peaufine à Rome son projet de Cité industrielle, ville "fonctionnaliste", basée sur un système de zonage: zone d'habitation, zone administrative, zone hospitalière, zone universitaire...

Cette utopie, qui l'occupera des années et forgera sa réputation internationale, reprend vie dans l'exposition des Archives municipales grâce à de rares et remarquables plans, dessins et maquettes.

Bien-être des habitants, lumière, hygiène, intégration de la nature à la ville, loisirs et services sont au coeur de sa Cité. Le Corbusier approuvera vingt ans plus tard: "Où l'ordre règne, naît le bien-être".

Lui est ensuite confiée la conception des abattoirs et du marché aux bestiaux de Lyon, inaugurés en 1928 et dont subsiste la grande halle, baptisée depuis Tony Garnier, de l'hôpital pavillonnaire de Grange Blanche (Édouard Herriot aujourd'hui), du stade de Gerland ou encore de la Cité des États-Unis.

Ce projet de cité ouvrière "hygiéniste", est proposé dès 1919 par l’architecte. Plus de 1.600 logements seront réalisés, mais après de profondes modifications imposées par la mairie... et l'économie. Le quartier n'est inauguré qu'en 1935.

Tony Garnier meurt le 19 janvier 1948, sans descendance, et sans quasiment d'écrits sur son oeuvre.

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