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Monet et ses métamorphoses au musée de Fontevraud

 
 

Des vues impressionnistes de Paris aux représentations quasi abstraites de Giverny, le musée d'art moderne de Fontevraud-l'Abbaye (Maine-et-Loire) raconte la métamorphose de la peinture de Claude Monet au fil de sa vie.

Jusqu'au 18 septembre, l'exposition "Métamorphoses, dans l'art de Claude Monet", la toute première de ce musée ouvert en mai 2021, présente une trentaine de toiles léguées par le fils du peintre au musée Marmottan en 1966.

"Une telle exposition dans un village de 1.600 habitants, c'est exceptionnel", se réjouit auprès de l'AFP Dominique Gagneux, directrice de ce musée installé dans l'abbaye royale de Fontevraud.

Organisée selon un fil chronologique, l'exposition commence par des paysages peints dans les années 1870, parmi lesquels une vue brumeuse de la gare Saint-Lazare et un soleil couchant sur la plage de Pourville, esquissés dans les couleurs pastel déjà chères à Monet.

Un panneau rappelle l'accueil pour le moins froid fait à l'impressionniste par bon nombre de critiques d'art de l'époque.

Ses toiles "provoquent le rire", "sont lamentables" et "dénotent la plus grande ignorance du dessin", écrivait un chroniqueur en 1877. Le succès viendra dix ans plus tard.

Dans les années 1890, Claude Monet commence à peindre en séries, représentant le même paysage à différentes saisons ou heures de la journée, sur des toiles où les jeux de lumières suffisent à métamorphoser le motif.

- "Brouillard coloré" -

"L’œuvre de Monet est un voyage dans un brouillard coloré. Ses techniques et ses points de vue évoluent mais en plus de cinquante ans de peinture, il n'y a pas de rupture", affirme Dominique Gagneux.

Installé à Giverny depuis 1883, Claude Monet lui consacre de plus en plus de tableaux et centre progressivement son œuvre sur les saules pleureurs et les nymphéas de son jardin d'eau.

Alors que dans la peinture classique les formats panoramiques sont surtout utilisés pour représenter de vastes paysages, Monet innove en n'y esquissant qu'un fragment de parc.

Les toiles de cette période, pour certaines larges d'un mètre sur trois, ont été accrochées à des murs violet foncé, qui tranchent avec le mauve de la glycine et le vert clair des nénuphars.

"Nous avons voulu montrer ces toiles sous un jour nouveau, avec une esthétique différente des murs blancs du musée Marmottan-Monet. Même pour des toiles connues, cela permet une autre expérience", souligne la directrice du musée.

La dimension des salles permet aux visiteurs de prendre le recul de quelques mètres parfois nécessaire pour distinguer des motifs qui, vus de près, étaient noyés dans un amas de couleurs.

Récemment restaurée, "Nymphéas, reflets de saule", toile quasi abstraite où l'on ne distingue clairement que quelques nénuphars sur un camaïeu bleu et mauve, n'avait pas été exposée au public depuis plusieurs années.


 

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