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Mort de Christine de Rivoyre, auteure d'une oeuvre douce-amère

Mort de Christine de Rivoyre, auteure d'une oeuvre douce-amère
Christine de Rivoyre, le 2 décembre 1968-

Amoureuse des Landes, des jardins, des chevaux et des livres de Colette, la romancière Christine de Rivoyre, qui s'est éteinte dans la nuit de jeudi à vendredi, était l'auteure d'une œuvre douce-amère, témoin ironique d'un monde de privilégiés.

Cette "petite bonne femme", comme elle se définissait elle-même, de 1m 52 pour 43 kg, aux yeux noirs et brillants, avait eu quelques prix littéraires - dont l'Interallié en 1968 pour "Le petit matin" - mais encore plus de lecteurs fidèles qui louaient son amour pour la nature, sa tendresse et ses coups de griffe.

Elle est morte à Paris à l'âge de 97 ans.

Le cinéma s'était emparé de trois de ses romans : "Les Sultans", adapté par Jean Delannoy avec Gina Lollobrigida en 1966, "La Mandarine", réalisé en 1971 par Edouard Molinaro avec Annie Girardot et "Le petit matin". Une histoire d'amour (encore taboue à l'époque) entre une jeune fille et un cavalier allemand sous l'Occupation mise en images en 1971 par Jean-Gabriel Albicocco avec Mathieu Carrière et Catherine Jourdan.

Membre du jury Médicis de 1971 à 2017, cette célibataire a d'abord vécu à Paris avant de s'installer, à la fin des années 1970, dans la maison familiale d'Onesse-Laharie, entourée d'un airial (jardin à demi-sauvage) et proche des plages dorées de l'Atlantique.

C'est dans ce village qu'habitaient ses soeurs. Elle ne savait pas cuisiner mais avait préfacé le livre "La cuisine landaise" écrit par ces dernières, Eliane et Jacquette.

A Paris, dira-t-elle, "j'étais journaliste, je voyais des gens merveilleux comme Faulkner ou Morand. J'étais amoureuse. Et sportive. Et agitée. Un jour, ma mère est morte. J'ai regardé cette maison qui allait mourir si on ne s'en occupait pas. Alors, je suis partie là-bas. Avec mon chien et de la musique. Et j'ai eu beaucoup de secondes à moi...".

- passionnée de botanique -

Christine de Rivoyre est née à Tarbes (Hautes-Pyrénées) le 29 novembre 1921. Elle était la petite-fille d'un explorateur et la fille d'un officier, écuyer au cadre noir de Saumur, l'un des grands cavaliers de son époque.

Après des études à Bordeaux, Poitiers et à La Sorbonne, elle part, comme boursière, aux Etats-Unis étudier le journalisme à l'université de Syracuse (état de New York). C'est là que naît une de ses premières passions : la botanique. "Comment peut-on vivre sans glycine ?", demandera le personnage d'un de ses livres.

De 1950 à 1955, elles est critique de théâtre et de danse au journal "Le Monde" puis entre, pour une dizaine d'années, à "Marie-Claire", comme directrice littéraire. Le magazine se sépare d'elle en 1966 : peu importe, elle vivra de sa plume et ira plus tard s'installer dans les Landes.

Elle signe "Fleur d'agonie" (1970), "Boy" en 1973 (500.000 exemplaires vendus). Dans ce roman, elle crée un personnage, inspiré par la servante de sa grand-mère et de sa mère, Marie Lacoste.

"Je désire un jour être enterrée à côté d'elle", disait-elle de cette femme, morte en 1981 à l'âge de 94 ans, qui fut dévouée à trois générations de la famille de Rivoyre.

On lui devait aussi "Belle-Alliance" (1982), "Reine-mère" (1985, le portrait tourmenté d'une famille : la sienne), "Crépuscule taille unique" (1989) ou encore "Racontez-moi les flamboyants" (1995).

Après un silence d'une douzaine d'années, on la retrouve en 2007 dans "Archaka" (sur un ami écrivain disparu) et, en 2014, un livre de souvenirs (en collaboration), "Flying Fox et autres portraits", du nom d'un de ces chevaux qu'aimait tant cette adoratrice de la nature.

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